
Si vous savez à quel point j’ai aimé le jeu de survival-horror, The Coma 2 : Vicious Sisters, vous ne serez pas étonnés de mon enthousiasme pour The Coma 2B: Catacomb. Paru le 25 octobre 2024 sur Steam, GOG, Xbox Store, Playstation Store et Nintendo Eshop, le titre reste publié par l’éditeur Head Up.
Alors que nous savions pertinemment qu‘il ne pourra pas y avoir de troisième épisode, les équipes de Dvora Studio (ex-Devspresso) nous ont surpris. The Coma 2B: Catacomb est le prequel au second épisode de la saga The Coma. Un lien très puissant entre le premier opus et la fin du second opus.
Encore une fois, le titre dispose d’un soin impressionnant aussi bien au niveau de sa patte graphique sublime que de son contenu. Les joueurs ont été entendus sur certains éléments comme l’accessibilité et la diversification. Mais il reste tout de même quelques petits défauts qui ne doivent pas nous empêcher de profiter de l’expérience.

The Coma 2B: Catacomb. Paris, es-tu là ?
Trève de blague douteuse, attaquons le vif du sujet, le retour à l’université Sehwa. Youngho qui s’est sorti du « Coma », une dimension miroir qui rassemble vos pires angoisses, semble reprendre une vie étudiante difficile. La fin du premier semestre est là avec ses examens. Mais aussi avec un étrange évènement. Une fille est évacuée alors qu’elle était en possession d’un étrange collier.

Oui, The Coma 2B: Catacomb se déroule en parallèle de l’histoire de The Coma 2 : Vicious Sisters.
Alors que Mina se retrouve plongée dans le « Coma », Youngho va la rejoindre involontairement en récupérant le collier maudit. Et ainsi se relance une histoire qui s’offre le luxe de la redondance. Un manque d’inspiration ou un choix assumé ? Nous aimerions savoir la vérité.

En parlant de vérité, encore une fois, nous débutons l’histoire avec une exploration de la réalité de la vie de lycéen. Que ce soit le fait d’avoir des amis, la course à la réussite, les troubles de l’alimentation ou l’exploration de ses sentiments, les sujets abordés sont pertinents mériteraient de s’y attarder si on prend le temps d’y prêter attention s’il n’y avait pas de boucle temporelle.
Car l’éveil de Youngho dans le « Coma » ne se fera qu’après de nombreuses boucles sur ses deux derniers jours d’examens. Une boucle importante pour le contexte mais qui sera vite épuisante.

The Coma 2B or not to be ?
Tout comme dans The Coma 2 : Vicious Sisters, Youngho explore le monde que nous connaissons mais en sombre, très sombre.

Les lieux explorés dans ce nouvel épisode sont dans un premier temps déjà connus. Et encore plus à la fin. Nous retrouvons le Lycée Sehwa, la station de métro et de police, l’hôpital, le gymnase et surtout le marché du Dokkaebi.

Et tout comme dans l’épisode parallèle, il vous faudra distinguer les êtres qui vous veulent du mal de ceux qui pourront vous aider dans votre quête. Ceux qui ont une « forme humanoïde » sont gentils, les choses morcelées ou inhumaines veulent votre mort.
Qu’il s’agisse de vos amis ou de vos professeurs et autres membres du lycée, tous veulent votre mort. Ne seront réellement de bonne augure que l’ombre nommée Noteur qui est votre guide, Mina, que vous finirez par croiser et surtout Yaesol. Une âme protectrice qui a pour objectif d’empêcher la Sœur cruelle de vous retrouver. Car vous serez cette fois sa cible mais pas que la sienne.

Go Yongho, go !
The Coma 2B: Catacomb prouve que l’accès à l’au-delà n’est pas réservé aux morts. Mais il existe des humains qui ont un don permettant de voyager entre nos deux mondes. Ces protagonistes prennent ici une place prépondérante.

Qu’il s’agisse de Hyungbae ou de M. Chance, l’organisation secrète dont on glisse à peine un mot dans Vicious Sister est ici dévoilée sous le nom de Léviathan. Dans tous les cas, il ne fait pas bon être dans la peau de notre héro.

Mais celui-ci dispose de plusieurs atouts.

L’histoire et la culture, une association parfaite
L’histoire de la saga The Coma prend place dans une université coréenne fictive. Cependant, de nombreux éléments du folklore coréen et de son histoire sont exposés dans le jeu.

Alors que Yaesol s’approche en coréen de l’histoire érotique ou de la neige de nuit, Yu-gyom est beaucoup plus intéressant. Le frère de Yaesol est un Hwarang, un guerrier d’élite du sixième siècle en Corée. Période qui est celle du royaume de Silla qui fit tomber le roi Song en 544 à la bataille de Gwansan. Royaume qui est mentionné dans les examens de Youngho et bien entendu, le roi Song étant certainement la source d’inspiration de Mme Song, professeure principale et incarnation de la Sœur Cruelle. Et cet affrontement se retrouve complètement dans les profondeurs du monde déformé qui grouille de soldats armés de fusils.

Mais nous retrouvons aussi de nombreuses références à l’imaginaire coréen, comme le Dokkaebi. Un esprit mauvais qui contrairement aux esprits européens provient d’un objet et non d’un être vivant. C’est un esprit double qui peut aussi bien aider les bonnes personnes que se jouer des mauvaises âmes. Nous aurions aimé plus d’interaction avec ce personnage gris mais haut en couleurs..
The Coma 2B: Catacomb est enfin un jeu accessible
S’il y a bien un regret que j’émetais face à The Coma 2 : Vicious Sisters c’était l’absence d’une phase d’introduction à toutes les subtilités du jeu. Dans The Coma 2B: Catacomb, nous avons enfin une phase d’apprentissage des commandes et des objets. Mais cela n’empêche pas un petit rappel.


Pour commencer, nous sommes dans un jeu à défilement horizontal avec l’impossibilité de sauter. Mais Youngho sait tout de même courir. Ce qui est un avantage quand il faut passer dans des couloirs où des corps peuvent vous tomber dessus. Ou que certaines créatures vous poursuivent. Si ce n’est pour éviter qu’une âme en peine vous attaque si vous vous approchez trop lentement. Ou encore, pour éviter les spores d’une plante explosive.

Mais surtout pour éviter de vous faire attraper par votre professeur hystérique, un tueur bodybuildé ou les fantômes d’infirmières. Donc surveillez toujours votre barre d’effort et ayez toujours avec vous un objet vous permettant de la remplir ou de l’empêcher de se vider. Les distributeurs sont vos amis.

Ensuite, le seul vrai moyen de fuir vos plus grande peurs est de changer de zone ou pièce et de vous cacher n’importe où. Mais attention, si elle est entrée avant que Youngho soit caché alors ils viendront le chercher dans son abri. Et même si vous avez réussi à vous cacher, écoutez bien les bruits de pas afin de savoir dans quelle direction le danger est parti. C’est crucial. Toujours écouter les bruits de pas ou les voix avant de sortir dans un couloir. Sinon, la mort ne se fera pas prier. A noter que si vous vous faites attraper, il sera possible de s’échapper en bourinant une touche dans un timing de plus en plus court. Ou en réalisant une combinaison de flèches aléatoire. Un enfer à la fin du jeu.

Un plaisir graphique pour la rétine ensanglantée
Tout comme avec l’univers de The Coma 2 : Vicious Sisters, The Coma 2B: Catacomb est une merveille dans son genre.
On se ballade littéralement dans un mélange de manhwa tel que TAL, The Breaker ou Tower of God mixé avec un comics sanglant de Michael Turner à son époque DC.

Le jeu doit véritablement être vu comme une sorte de bande-dessinée animée. dans ce nouvel opus, nous perdons l’effet bande dessinée des années 2000 pour laisser place à un style plus classique. Il en est de même pour le choix des teintes globales du jeu. Une fois dans l’au-delà, les couleurs sont très sombres et font une belle place pour les peurs tapies de Youngho.

L’ambiance globale offerte par les graphismes du jeu est juste sombrement parfaite. Et je n’aborderai pas la bande sonore qui semble limitée à des sons d’ambiance stressants mais qui sont en réalité jouissifs.
The Coma 2 Bis repetita placent
Il est toujours difficile de réaliser une suite lorsque l’on a mis fin à une saga. Il est encore plus difficile de laisser les joueurs sans réponse. Surtout après avoir laissé des trous béants volontairement dans un titre.

Les équipes du studio Dvora ont donc pris leur courage à deux mains pour nous offrir The Coma 2B: Catacomb. Ce titre complémentaire à The Coma 2: Vicious Sister est un bon jeu de survie et d’horreur psychologique.
Certains passages longs et redondants pourraient rebuter les joueurs. Mais comme avec tous les titres du studio, une fois que l’on s’accroche réellement et que l’on recherche le sens caché de chaque chose, nous prenons plaisir à nous perdre dans les catacombes.

Si vous n’avez pas encore gouté aux deux titres liés à The Coma 2, je vous conseille de les acquérir en même temps et d’y jouer en parallèle. Etrange comme conseil mais il s’agit là d’un bon moyen de vivre l’expérience dans les meilleures conditions. Une compilation des deux titres avec un passage en alternance entre les deux protagonistes pourrait être une merveilleuse idée *clin d’œil aux équipes de Dvora.

La note des Dreamers : 17/20 – The Coma 2B: Catacomb est un titre à ne pas louper mais uniquement si vous avez terminé l’un des titres précédents de la saga.
Histoire : 14/20 – The Coma 2B: Catacomb ne dispose pas réellement d’une histoire indépendante. Il s’agit ni d’un DLC ni d’un troisième épisode. Difficile de bien comprendre ce qu’il se passe sans finir avant The Coma 2: Vicious Sister.
Style de jeu : 16/20 – The Coma 2B: Catacomb est un bon titre de survival horror. La première phase du jeu le transforme en Visual Novel qui peut finir par rebuter les joueurs. Alors qu’il retrouve son style dans le dernier tiers.
Graphismes : 19/20 – The Coma 2B: Catacomb reste dans la lignée de ses prédécesseurs. Magnifique et sans véritable défaut graphique. Le soin apporté aux détails visuels est impressionnant. Un véritable coup de cœur pour ces graphismes fait main.
Jouabilité : 18/20 – The Coma 2B: Catacomb fait bien mieux que The Coma 2: Vicious Sister. Les ajouts d’objectifs clairs et de tutoriels offrent un accès facilité tout en gardant le cœur du style de jeu. Et les nouveautés sont les bienvenues malgré leurs répétitivité.
Ambiance sonore : 20/20 – The Coma 2B: Catacomb est un jeu pour lequel l’ambiance se doit d’être parfaite. Et il n’y a pas grand chose à redire. C’est sombre et oppressant. D’autant plus quand il n’y a plus aucun son. Parfait.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.
Jeu testé en version Nintendo Switch grâce aux équipes de Headup.
