
« Accours vers nous, prince de l’espace. Viens vite viens nous aider« … »Formidable robot. Des temps nouveaux ! » Actarus, prince d’Euphor, est de retour sur Terre dans Goldorak – Le festin des loups.
Le héros projeté sur nos écran en juillet 1978 a fêté son retour à la télé le 13 novembre 2023 sur PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X|S, Xbox One et PC. Le jeu est annoncé sur Nintendo Switch pour 2024. Le jeu a été développé par les équipes du studio français Endroad (Fallback) et est distribué par Microids en France.
Il ne semble exister qu’un seul jeu dédié à notre grand robot : Goldrake Spacer. Ce jeu arborant le nom Italien de Goldorak est un shoot’em up intriguant mais sans garantie de son existence officielle.
Goldorak – Le festin des loups est donc ici pour offrir une reconnaissance vidéoludique à l’anime qui retourna le cerveau des jeunes français des années 70-80. La recette peut-elle encore fonctionner aujourd’hui ?

Goldorak – Le festin des loups, épisode 7
Goldorak – Le festin des loups est une introduction à l’univers Goldorak. Il s’agit d’une adaptation de l’histoire de la série et plus précisément des 7 premiers épisodes. Mais avec tout de même quelques révisions.
Le jeu débute par l’attaque du Grand Stratéguerre, chef des forces de l’empire Véga, sur la planète Euphor. Cette attaque se solde par la disparition des parents d’Actarus et le réveil de Goldorak. Ce qui change de la série dans laquelle il s’agit du vol de l’Antérak le plus sophistiqué des Véga. Un des rares robots pilotés par des personnes vivantes.

Ce passage dans le passé du prince sert d’introduction et surtout de didacticiel. Le joueur contrôle le géant de fer jusqu’à devoir affronter un Golgoth.

Puis, la fuite d’Euphor, inévitable, est accompagnée de la prise en main du Spacer, soucoupe volante de transport de Goldorak, en mode combat spatial.

Enfin, vous découvrez le mode Shoot’em Up avec le vol d’essai de l’OVT d’Alcor. Un vaisseau inspiré des soucoupes volantes, construit par Alcor lui-même dans la série.

Tout comme dans la série, le jeu se découpe en six épisodes sur Terre. Des plaines jusqu’à la côte, nous revivons le schéma des épisodes. Exploration, missions d’aides aux humains et enfin affrontement du Golgoth ou Antérak. Ces robots sont envoyés par Hydargos, Commandant en second des forces Véga.

Goldorak – Le festin des loups se termine sur l’épisode éponyme et l’affrontement avec leur chef. Un moment intéressant pour comprendre les enjeux de la série. Et surtout un message post générique extrêmement important.
Un style graphique particulier, comme un choix que l’on prend sans savoir pourquoi.
Goldorak – Le festin des loups est un jeu attendu des fans aujourd’hui au moins quarantenaire. Ceux-ci on connu les premières générations de consoles. Et ils acquièrent majoritairement leur jeu en physique.

En respectant ce schéma, les équipes du studio Endroad devrait avoir transformé la version Playstation 5 du jeu en bijou pour les fan. Il s’agit malheureusement à ce jour de la version la moins bien optimisée.
Ceci ne serait pas obligatoirement un souci, s’il était possible de changer les paramétrages graphiques. Seulement, la distinction graphique entre le mode fidélité (graphismes de qualité) ou performance n’existe pas. La Playstation 5 passant directement en mode 4k sans modification possible, le jeu subit quelques ralentissements et laisse passer quelques bugs plus ou moins amusants.

Pour compenser, les développeurs ont choisi d’utiliser des astuces simples. Les environnements sont immenses et vous offrent un champs de vision très lointain. Mais tous les éléments ne s’affichent pas directement. Classique et efficace. Sauf quand cela s’applique aux arbres et à l’herbe situés aux pieds de Goldorak.

Nous avons donc devant nous un jeu qui propose de piloter un robot géant dans un décors immense. Mais sur console de salon, entre 10 et 15 % des éléments devant s’afficher devant vous apparaissent ou disparaissent juste en faisant pivoter votre caméra.


Ceci donne l’impression de se retrouver face à un jeu Playstation 3 en cas de mouvement. Alors que les décors sont parfois magnifiques. Surtout toutes les zones humides avec les lacs ou la mer dont les reflets du soleil vous donnent envie de tout arrêter pour les admirer.

Goldorak – Le festin des loups : le PC avant tout
Ayant décidé de tenter le tout pour le tout, nous avons testé avec nos propres moyens la version PC du jeu. Et là, miracle. Goldorak – Le festin des loups est tout simplement beau et jouable.
Equipé d’un Acer Nitro 5 avec seulement un i5, une RTX 3060, un SSD 980 pro et 32 go de RAM, relié à une télévision 55 pouces, le jeu tourne en 4k toutes options graphiques à fond.

Goldorak – Le festin des loups révèle ses détails et ses décors fourmillant de vie. Certains bugs graphiques restent présents. Mais nous perdons l’effet « simple » des graphismes. L’aspect Cel Shading ressenti par certains disparaît totalement. Et qu’est-ce qu’il est beau ce Goldorak !
Seules les vidéos restent d’une qualité d’encodage médiocre quelle que soit la plateforme. En dehors du fait de spoiler plus de la moitié des combats de boss, le générique d’introduction, qui reprend les éléments important du générique original, est tellement mal encodé que l’on voit de l’aliasing et des artefacts qui gâchent le moment.
La vidéo d’introduction est d’ailleurs le meilleur moyen de ne pas donner envie de jouer. Heureusement, elle est très rapidement éclipsée par le jeu en lui-même.

Le passage sur console de salon aura couté cher au jeu. Qu’en sera-t-il alors de la version Nintendo Switch de 2024 ?
Des compétences limitées pour une joie illimitée
Dans Goldorak – Le festin des loups, le robot le plus facile à piloter de l’univers dispose en tout et pour tout de dix compétences.

Il s’agit des attaques et compétences les plus connues du géant de fer. Fulguropoing, Clavicogyres, Astérohache, Rétrolaser et Cornofulgure, des noms scandés par des millions d’enfants. Mais surtout des compétences qui sont les plus emblématiques et les plus difficiles à débloquer.
D’autant plus qu’il vous faudra affronter des adversaires précis et explorer les différents lieux pour trouver les objets spécifiques à chacun. Et ainsi débloquer les compétences ou les renforcer sur trois niveaux.

L’utilisation des compétences comme le Rétrolaser est totalement intégrée au jeu et surtout aux combats. Certains ennemis requièrent de réaliser une série de coups ou compétences spécifiques, dont le rétrolaser afin de faire disparaître leur bouclier qui les rend invincibles. Et lors des combats de boss, les Clavicogyres vous faciliteront la tâche jusqu’à déclenchement du Cornofulgure.
Attention, les commandes de jeu ne sont pas modifiables. Encore un titre Microids qui se ferme la porte de l’adaptativité alors qu’il s’adresse à un public extrêmement large. Le nombre limité d’actions à poser sur les touches facilite la prise en main. mais on aurait aimé avec deux ou trois alternatives sans réclamer la réattribution complète disponible pour le contrôle au clavier.

Que c’est bon de pouvoir lancer les mythiques attaques de Goldorak !
Goldorak – Le festin des loups : une musique emblématique et entrainante
Un des points les plus réussi de Goldorak – Le festin des loups est sa bande son. Les musiques qui accompagnent votre aventure sont issues de la série ou en respecte l’esprit.
Bien que le style date un peu, les mélodies à la guitare et orchestrales portent une force qui donne envie d’avancer, de combattre et de s’élever comme un héros. On se laisse entraîner dans le feu de l’action ou de l’émotion.
Lorsque vous vous retrouvez en combat, la musique apparaît ou change de style pour vous épauler dans votre affrontement.
Et quand Actarus est posé à la ferme des Bouleaux Blancs, la guitare accompagne nos moments de repos.

Une mise en scène qui cherche sa place
Alors que dans Asterix & Obelix Baffez-les tous ! 2, le choix des images fixes était cohérent avec l’aspect bande dessinée, ici, ce choix pose question. Goldorak – Le festin des loups est une adaptation de l’univers animé de Goldorak. Alors pourquoi prendre seulement trois poses par personnage pour qu’il expriment toutes leurs émotions ?


Certes, nous parlons d’un animé des années 70 dont il aurait été difficile de réintégrer proprement des passages dans le jeu. D’autant plus que les couleurs utilisées à l’époque étaient très sombres. Ce qui est totalement opposé aux couleurs pétantes des environnements de Goldorak – Le festin des loups.
Mais nous regrettons de voir un tel manque de variété. Qui est malheureusement augmenté par le doublage français. Celui-ci n’est pas des plus mauvais, loin de là.



Les poses et expressions des personnages n’étant pas en accord avec leurs intonations, elles décrédibilisent les messages et détruit leur charisme. Etonnamment, le doublage anglais passe le mieux. Les voix sont surjouées et apportent alors une meilleure compréhension de l’émotion portée.

Des enjeux élevés pour un résultat incomplet
Goldorak – Le festin des loups est le jeu attendu depuis des dizaines d’années par une génération complète de jeunes français. Celui-ci étant réalisé par une équipe de développeurs français, la pression est énorme.
D’autant plus que la folie Goldorak est revenue à la charge avec le travail de Xavier Dorison pour la bande dessinée sortie en octobre 2021.

Pour rappel, Goldorak – Le festin des loups n’a jamais été présenté comme un triple A et même loin de là. Nous ne pouvons donc pas nous arrêter aux détails qui n’empêchent pas d’avoir ici un jeu avec une aventure complète. L’univers est adapté, ce qui sur certains points est surprenant mais reste cohérent.

Il en est de même avec les modes de jeu. Ils rendent aussi bien hommage à l’univers de Gô Nagai qu’aux jeux vidéo de l’époque. Et si l’on regarde le résultat avec un œil neutre. C’est très bien géré. Si vous aimez les shoot’em up et combats spatiaux, vous pourrez vous poser des défis. Et si ce n’est pas le cas, vous pourrez vous concentrer sur votre survie et passer à la suite.
Le véritable manque dans Goldorak – Le festin des loups est un mode Galerie qui présenterait des éléments du jeu et les liens avec l’animé original. Même en prenant le temps de parler avec tous les PNJ, nous n’avons pas la totalité de leur histoire et de leurs relations.


Rigel, Vénusia, Barta et Mizar ne possèdent pas de fiche de présentation leur donnant une véritable utilité. Ce qui est gênant car Goldorak – Le festin des loups donne l’impression d’avoir des personnages secondaires avec un caractère totalement opposé à celui dont ils disposent dans l’animé.
La note des Dreamers : 12/20 – Actarus sauves nous ! Si nous t’en laissons la possibilité
Style de jeu : 14/20 – Un mélange des genres pas totalement maîtrisé et aussi répétitifs que les épisodes de l’animé.
Histoire : 12/20 – Quelques adaptations de l’histoire peuvent troubler les fans mais permettent de faciliter l’immersion. On regrettera l’effacement des membres de la ferme des Bouleaux Blancs pourtant centraux.
Graphismes : 10/20 – Qu’il s’agisse des versions Playstation 4 ou Playstation 5, la profondeur d’affichage des détails est ridicule. Les étendues à explorer peuvent être magnifiques avec les couchés de soleil. Mais le pari d’un graphisme pauvre pour se rapprocher du style de la série a un coût : des bugs incompréhensibles et des joueurs ‘actuels’ frustrés de ne pas exploiter leur console à fond. Alors que la version PC gomme ces défauts et tourne en mode élevé même avec une ‘petite’ configuration de PC portable.
Jouabilité : 13/20 – Le jeu impose des commandes qui ne sont pas toujours adaptées à nos contraintes ou envies. Les bugs et anomalies comme les montagnes et chutes d’eau à ne pas approcher sous peine de se retrouver bloquer gâchent le plaisir de jeu. La visée manuelle est très aléatoire dès qu’il y a plus d’un ennemis en combat.
Ambiance sonore : 14/20 – Le doublage est d’une qualité étrangement moyenne. Les doubleurs avaient-ils été préparés et en pleine conscience de l’attente des fans ? Avaient-ils été prévenus qu’il faudrait surjouer pour compenser le manque de vie des personnages ? A l’inverse, malgré quelques bugs de chargement, les musique d’ambiance et les génériques sont de très bonne qualité. Merci Marcin Przybyłowicz !
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.
(Jeu testé à partir d’un code envoyé gracieusement par Microids France, sur PlayStation 5 et Playstation 4 et un test de deux heures d’une version Deluxe PC achetée sur Steam)

Il n’y a aucun codes pour avoir toutes les armes à leur maximum ?
Bonjour Bouri. Il n’y a pas de besoin d’amélioration des armes. Ce sont les skin qui sont à débloquer qui sont intéressantes.