2024 est l’année des portages et remake. Et les bons titres ont parfois la chance d’accéder aux nouvelles plateformes. Blacksad : Under the skin est l’un d’entre eux.
Le titre d’YS Interactive et Pendulo studio est sorti le 27 juin 2024 sur Playstation 5 et Xbox Series S|X. Une idée qui réveille avec plaisir l’inspecteur qui sommeil en chacun de nous.
Le titre distribué par Microïd en 2019 sur la précédente génération de console avait connu un engouement limité. Ceci était lié à la jeunesse de l’équipe de développement dans la construction de jeux en 3D. Cinq années plus tard, le résultat est-il meilleur ?

Le retour de John Blacksad dans une histoire inédite
La bande dessinée Blacksad nous plonge dans un univers anthropomorphique durant les années 1950. John Blacksad est un chat noir anthropomorphe. La vie de John n’est pas un cadeau et bien qu’il possède de nombreuses médailles, le héro de guerre est un détective solitaire désabusé après la perte de son amour. Tout ceci le conduisant à devenir détective privé.
Durant ses pérégrination, notre détective privé fait la rencontre de nombreux personnages inédits mais retrouve les principaux protagonistes de ses aventures. Comme le commissaire Smirnov, un défenseur de Blacksad même si tout porte à croire que c’est l’inverse. Le commissaire est surtout une des sources principales de missions pour John.
Et pour ses informations, il peut compter sur Weekly. Une fouine qui est surtout journaliste au What’s news. Un allié sans faille mais un reporter mal aimé, odorant et loin d’être discret. Personnage assez amusant, il permet de retrouver un peu de rire dans l’univers très sombre du jeu.
Les créateurs originaux de la bande dessinée Blacksad, Juan Diaz Canales, scénariste, et Juanjo Guarnido, illustrateur, ont participé directement à la création du jeu Blacksad : Under the skin. Ils ont validé les concepts avant leur passage à la 3D. Et surtout, ils ont complété le scénario original du jeu pour qu’il colle parfaitement à l’univers de leur bande dessinée. Tous les éléments pour obtenir une histoire et un monde complets et réussis.

Blacksad: Under the skin, conter n’est pas jouer
Les équipes des studios YS Interractive et Pendulo Studio sont connues pour leurs titres narratifs prenants et pour la qualité de l’expérience offerte aux joueurs. Il est donc légitime de s’attendre à un titre qui offre une expérience des plus intéressante.
D’autant plus que l’univers de la bande dessinée Blacksad est riche de personnages charismatiques et atypiques dans leur représentation.
Mais plutôt que de tergiverser, passons au résultat. L’univers de la bande dessinée est parfaitement reproduit dans ce projet. Nous avons des décors qui ne laissent aucune ambiguïté concernant l’époque. L’Amérique des années 1950 nous est offerte sur un plateau ainsi que son service à couteaux.
Car dans Blacksad: under the skin, les échanges avec les différents protagonistes sont assez tendus. Nous sommes encore à une époque où le racisme est roi, ainsi que les différents trafics. Un bon terrain de jeu pour un suicide qui n’en est pas un. Comme dans tout bon polar, vos actions et vos choix détermineront le résultat de l’enquête.
Blacksad: Under the skin propose pas moins de six fins différentes selon vos choix face à deux personnages principaux. La vérité sera donc celle que vous aurez décidé de mettre en place ou que vous aurez acceptée. Ceci permet surtout d’avoir une rejouabilité élevée pour le titre.

Blacksad: Under the skin, le polar d’action ou plutôt de réaction
Des actions, vous allez en réaliser un grand nombre durant le jeu. Transcription du style point and click en version 3D, le titre de Pendulo Studios est avant tout un jeu d’exploration et de contorsion.
Ne jamais oublier de zoomer partout et de pousser la caméra dans tous les angles. Ceci est votre leitmotiv pour réussir à débusquer tous les indices. Car le changement de plateforme n’a pas amélioré les commandes. Et depuis 2019, version Playstation 4 et Nintendo Switch, on s’arrache les cheveux à contrôler les mouvements de l’enquêteur ainsi que de la caméra.
En parlant de caméra, l’un des points qui donne de l’attrait à notre cher enquêteur anthropomorphe est qu’il peut parfois utiliser ses sens félins pour dénicher des indices lors de conversations. Sentir le parfum d’une personne, un rythme cardiaque ou distinguer un éléments spécifique. Des atouts qui peuvent se révéler aussi néfastes si mal exploités dans nos questions.
Enfin, Blacksad: Under the skin est un digne successeur d’Heavy Rain pour ses phases de Quick Time Event (QTE) et ses réponses multiples à temps limité.
Si vous avez l’habitude de vous endormir devant un polar, ce jeu est pour vous. Il faudra garder toute son attention lors des dialogues car les QTE sortent réellement de nulle part. Un plaisir ou un supplice pour les adorateurs de ce genre de phase de gameplay. Quant aux réponses à temps limité, elles sont parfois trop longues à lire pour ne pas en devenir frustrantes. La pression c’est bien. mais on ne souhaite pas tous finir en dépression comme John.

Blacksad: Under the skin, un portage sans étalage
Il a deux choses à regretter dans ce portage de Blacksad: Under the skin. Le fait que ce soit un simple portage et la légèreté des éditions physiques.
Réaliser un portage de jeu c’est s’assurer que le jeu sera bien lancé et jouable sur la ou les nouvelles plateformes. Dans le cas de Blacksad: Under the skin, ce premier point est une réussite. Le jeu est mieux définit et propre.
Mais les cinq années qui nous séparent des versions Playstation 4 et Xbox One S|X ne semblent pas avoir été utilisées pour corriger les bug d’affichage et de gameplay. Si vous reprenez les retours réalisés par les joueurs après la principale mie à jour du jeu, vous y trouverez tous les petits reproches que l’on peut faire au titre.
Sur ce plan, il ne reste qu’un point important et que l’on apprécie dans les portages. Il n’est pas possible d’accélérer la marche de John. Les environnements sont limités et les phases d’exploration sont rapides. Mais qu’est-ce qu’il est frustrant de mettre plusieurs minutes à retourner sur les lieux précédents quand on a un nouvel indice ou qu’on en a loupé un.
Concernant les éditions physiques, c’est tout simplement le vide. Le titre avait connu deux belles éditions spéciales et collector à sa sortie. Aujourd’hui, pas de réédition de la version spéciale avec lenticulaire et de la version collector. Une tragédie pour les fans de la BD et de héros anthropomorphes. Tant qu’à porter le jeu, pourquoi ne pas porter aussi les magnifiques créations qui les accompagnaient ? Cela minimise l’intérêt de l’achat car les deux nouvelles plateformes sont rétrocompatibles.

Blacksad: Under the skin, le retour d’un titre trop négligé
Blacksad: Under the skin, des studios YS Interactive et Pendulo Studio distribué par Microids, est un titre à posséder. Loin d’être parfait, c’est un polar interactif qui mérite sa place dans toutes les bonnes bibliothèques vidéoludiques.
Comme les précédents titres de ce style publiés par Microids, comme ceux de la saga Sherlock Holmes, Blacksad: Under the skin sait captiver les joueurs et réserve bien des surprises. John est fidèle à lui-même tout en vous laissant la liberté de prendre sa place lors des choix épineux.
Si l’on oublie les quelques défauts qui ne sont toujours pas gommés, le titre est un véritable plaisir que nous vous conseillons grandement d’explorer.
La note des Dreamers : 16/20 – Un polar comme on les aime
Style de jeu : 17/20 – Le titre de Microids posait les bases des jeux d’enquête 3D. Il a définit ce qui était le plus positif malgré quelques longueurs dans les scénarios.
Histoire : 19/20 – Si vous êtes un habitué des polars, faites vous plaisir. Pour ceux qui souhaitent découvrir le style, foncez aussi. Seuls quelques éléments trop téléphonés ne lui permettent pas d’avoir la note parfaite.
Graphismes : 14/20 – Le style graphique coconstruit avec les auteurs et dessinateurs de la bande dessinée permettent d’avoir un résultat bluffant. Entaché par des animations d’un autre âge et des bugs graphiques persistants.
Jouabilité : 13/20 – Que le joueur qui n’a pas pesté au moins une fois sur la lenteur de John ou sur la difficulté à le contrôler lève la main. Et que dire de la caméra qui donne accès aux boutons d’action quand elle le souhaite ? Dommage de perdre autant en immersion dans un univers aussi bien développé.
Ambiance sonore : 16/20 – L’ambiance globale du jeu est une réussite complète. Les voix des comédiens de doublage donnent une véritable âme chaque protagoniste. On regrettera les moments de passage à vide durant lesquels la console ne semble plus charger les sons. Alors que les musiques d’ambiance sont elles aussi des compléments parfaits à l’immersion.
(Jeu testé à partir d’un code envoyé gracieusement par Microids France, sur PlayStation 5)
