
Il y a quelques mois, nous découvrions le somptueux retour de l’Amerzone: le Testament de l’explorateur. Nous n’attendions qu’une chose, l’arrivée de Syberia Remastered.
Le nouveau titre de Microids Studio Paris est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series et PC dont Steam. depuis le 6 novembre 2025. Et une version Meta Quest 3 réalisée par le studio Virtuallyz Gaming est elle annoncée le 13 novembre 2025.
Le fabuleux titre de Benoit Sokal est sorti à l’origine en 2002 et aura connu de nombreux portages jusqu’en 2017. Et plus de vingt ans plus tard, il est de retour dans une version embellie. Mais surtout pour les plus chanceux, une version en réalité virtuelle. Nous avons eu l’opportunité de tester la version Playstation 5 et attendons vos retours sur la version Meta Quest 3.
L’aventure mythique de Kate Walker mérite-t-elle les éloges que nous avions offertes à son prédécesseur ?

Syberia Remastered, une ode à l’aventure
L’histoire de la mystérieuse île de Syberia est connue et reconnue depuis plusieurs dizaines d’années. Mais reprenons les bases.


Kate Walker est une avocate envoyée à Valadilène, un petit village des Alpes, par son cabinet afin de régler la signature de la vente de l’usine historique d’automates. La dernière membre de la famille Voralberg a enfin décidé de vendre l’usine transmise par son père après la disparition de son frère Hans en 1930.

Une affaire qui devait se régler en une journée si l’avocat de la famille ne lui avait pas annoncé la mort d’Anna Voralberg juste avant son arrivé. Et que le fameux Hans n’était pas mort. Débute alors le plus fou des voyages à la recherche d’un homme disparu aux confins d’une Europe de l’Est revisitée.


Sans oublier que ce voyage est aussi un bon moyen pour Kate de comprendre ce qui ne va pas dans sa vie. Et de partager du temps avec des personnages inoubliables comme Oscar l’automate, Boris le cosmonaute ou la diva Helena Romanski.


Ce périple est à la fois une ode à la créativité et à l’espoir mais aussi une critique du monde dans les années 1990. La chute du communisme et ses impacts, la montée du capitalisme, le développement de l’individualisme, tout est présent. Mais nous en garderons l’exotisme et les rappels à l’excellent Amerzone dans le même univers.

Du nouveau pour notre plaisir
Comme tout bon remaster, Syberia Remastered n’est pas un simple portage graphique du titre original. Nous avons ici le droit à une refonte graphique totale tout en gardant la structure des éléments de l’époque. Ou presque.


Car c’est important, le titre ne reprend pas à cent pour cent son ancêtre. Certains morceaux de décors et passages sont revus pour fluidifier le rythme du jeu. Ce qui est une très bonne chose. Cela n’empêche pas les éternels aller-retours mais ceux-ci accompagnés de la possibilité de courir sont moins contraignants.


Car Syberia Remastered reste un jeu d’exploration et d’énigme. Le joueur doit explorer xchaque zone pour récupérer des objets et débloquer des mécanismes. Un système très classique. Mais attention, si un objet est utilisé une fois, tant qu’il est récupérable, il faut le reprendre. Il n’est pas rare qu’il soit réutilisé. Et certains vous suivront du début à la fin du jeu.



De même, pour faciliter l’accès au jeu, les conversations importantes sont précédées d’un point d’exclamation et surlignées en jaune. Si un personnage n’en a plus alors il y a une action complémentaire à réaliser. Et si vous souhaitez compléter tout l’histoire, prenez le temps d’échanger à propos de tous les sujets avec tous les personnages.

Les moments d’exploration et d’énigme durant lesquels nous contrôlons Kate ont été retravaillés et sont graphiquement somptueux. La qualité des doublages est améliorée ainsi que celle des musiques d’ambiance. Et petit plus non négligeable, les sons ambiant disposent d’une « résonance » par vibration dans la manette DualSense. Un pur plaisir, mais pas toujours.

Des choix douteux pour notre déplaisir
Si les graphismes généraux ont été entièrement retravaillés, les scènes cinématiques de Syberia Remastered sont celles de l’époque. Oui, nous avons ici un upscale des vidéos de l’époque qui viennent perturber l’expérience. Les modèles des objets et surtout des personnages de l’époque ne correspondent pas tous. Et surtout, pourquoi avoir maintenu ces vidéos alors que les modèles 3D retravaillés sont disponibles ?


Un choix pour lequel nous émettons le plus grand doute. Mais ce n’est pas le seul qui paraît étrange. Concernant Kate, un beau travail a été réalisé sur sa modélisation, certainement repris du quatrième épisode. Mais les mouvements de Kate reprennent la rigidité de ceux d’origine. Et quoi de plus drôle que de voir Kate se pencher à quarante cinq degrés lorsque l’on tourne en courant ? Pas grand chose à part l’humour d’Oscar que l’on adore.

Mais là où ne nous attendions pas à ressentir de gêne c’est avec les commandes de mouvement. Combien de fois nous sommes nous retrouvé coincés contre un mur invisible avec une kate qui ne veut pas pivoter ? Qui est le développeur qui s’est dit que les touches de l’alarme de l’hôtel d’Aralbad devaient être manipulées avec un pointeur dont la zone d’effet est minuscule ? Et quel enfer que de dévisser des éléments en poussant le stick droit pour poser la caméra sur la droite, tout en guidant le pointeur de souris sur des éléments cachés.


Le véritable souci sur la fin du titre est le risque de mauvais chargement. Nous avons connu du soft lock dans la le Cosmodrome qui nous a contraint à reprendre intégralement le chapitre. Et lors de l’évasion de l’usine, la phase de fin s’est débloquée avant de libérer un personnage et le jeu a donc inversé les deux phases. Rendant l’action quelque peu incohérente.


Syberia Remastered, un titre pour la découverte avec une pointe d’amertume
Syberia Remastred est un titre à double tranchant. Comme tout bon automate Voralberg, le jeu est magnifique et intéressant. Mais comme tout automate, le titre dispose d’un ressort qui parait détendu.
Si ce titre est déjà dans votre cœur, c’est un beau cadeau et vous regarderez le cœur serré chaque vidéo.
Si Syberia Remastred est votre premier pas dans l’univers de Benoît Sokal, sachez que cette aventure est une invitation au changement et à suivre votre coeur. Tout n’est pas parfait mais vous donne envie de continuer.

La note des Dreamers : 8/10. Syberia Remastered, Kate reprend les rails mais Oscar reste rouillé.
Style de jeu : 9/10 – Syberia Remastred adopte un nouveau style de déplacement et offre de nouvelles approches de son univers. Mais que reprocher à une saga qui porte le genre depuis tant d’années ? Peut-être justement de ne pas avoir revu certaines mécaniques.
Histoire : 7/10 – Les critiques de notre société présentées dans son prédécesseur n’ont pas autant d’effet ici. Mais le déclin industriel et l’histoire personnelle de Kate Walker résonnent amèrement dans nos esprits.
Graphismes : 6/10 – Point incompréhensible du titre. Syberia Remastered est sublime dans sa reconstruction des décors d’origine. Nous prenons plaisir à explorer les lieux emblématiques. Mais nous plongeons dans le désarroi devant les cinématiques de l’époque juste upscalées. Pourquoi ne pas avoir reconstruit le tout alors que les modèles sont utilisées ailleurs dans le jeu ?
Jouabilité : 8/10 – Prévu à la base pour PC, les commandes de Kate et de la caméra qui reprennent pourtant celles de son prédécesseur sont sont parfois étranges et inadaptés. Le jeu se termine en moins de 10 heures avec un platine quasiment obligatoire à la clé. Et nous attendrons encore quelques mises à jours pour pouvoir relancer n’importe quel chapitre une fois le jeu terminé.
Ambiance sonore : 10/10 – Syberia Remastered dispose d’une ambiance sonore qu’on ne peut oublier. Les musiques sont agréables et communiquent parfaitement avec le joueur malgré une légère répétitivité. Les vibrations de la DualSense accompagnant les divers bruits de fond assurent une immersion complémentaire et bienvenue.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Jeu testé dans sa version dématérialisée sur Playstation 5 fournie par Microids.
