
Pour ceux qui ont suivi mon parcours avec La Geek En Rose, vous savez que la saga Cotton fait partie de mes péchés mignons. Alors c’est avec envie que je me suis plongé dans Rainbow Cotton.
Le titre de Success et ININ est sorti en 2000 sur Dreamcast et exclusivement au japon. Quelle joie d’apprendre que le titre lors de l’annonce de sa sortie en France le 9 mai. Le titre peut être acquis sur toutes les plateformes : Playstation 4/5, Nintendo Switch, XBox One/Series et PC.
Ce titre ayant marqué la fin de la première génération de la saga, il méritait que nous nous penchions dessus.
Rainbow Cotton, l’ultime retour de la sorcière gourmande ?
L’histoire de Rainbow Cotton est assez classique. Le démon Tweed recherche le Willow légendaire, un bonbon aux pouvoir inconnus (ou pas). Et la reine du royaume des fées, Velvet, laisse à nouveau le sort du monde entre les mains de la sorcière adorée et redoutée accompagnée de quelques fées.

Cette dernière est encore une fois trompée par ses amies. En effet, elle se fait embarqué dans un rallye de tampons pour obtenir les Willows spéciaux des villages avant de pouvoir accéder au fameux Willow légendaire.

L’objectif réel est bien entendu de débarrasser les terres des sbires de Tweed. Avant de finir par l’affronter et découvrir la vérité sur ce démon ainsi que sur le Willow légendaire.

Un passage à la 3D qui nous fait tomber du balai
La saga Cotton est connue pour son aspect graphique ultra spécifique. Les précédents opus disposaient d’un travail détaillé dans la construction des environnements en 2D.
Alors que nous retrouvons bien la patte graphique des équipes de Success et ININ dans les cinématiques du jeu, les niveaux ont totalement changé. En effet, le passage à une vision 3D nécessite un complément de construction non négligeable. Et cela se retrouve dans les environnements 3D qui sont ici très souvent vides ou très simplifiés.

Cela est aussi lié aux capacités du support d’origine. Ce que nous considérons comme vide était extrêmement vivant en 2000. Le changement d’angle visuel, dans le dos de Cotton, est d’autant plus troublant que nous ne voyons plus clairement les animations de Cotton elle-même. Un angle en trois-quarts plus marqué aurait été peut-être recréé les liens entre le joueur et notre héroïne.

Rainbow Cotton, un remake allégé ?
Rainbow Cotton 2024 est un remake du titre original. Ce qui signifie que le jeu a été reconstruit et amélioré avec les moteurs actuels. Le jeu bénéficie d’un passage aux résolutions actuelles avec un affichage full HD et l’ajout d’effets visuels complémentaires.

Pour les amoureux des jeux rétro, le fait que Rainbow Cotton soit un remake ne lui a pas fait perdre son aspect Dreamcast. Et c’est un véritable plaisir que de jouer au Mode Rétro. L’image se déforme alors pour reprendre l’aspect des écrans cathodiques de l’époque. Ce qui le rend étrangement plus beau encore.

Cependant, le travail de reconstruction du titre original ne sera certainement pas apprécié à sa juste valeur. Nous n’avons pas eu la chance de découvrir le titre original dans nos contrées. Et comparé aux travaux effectués pour redonner une seconde jeunesse à d’autres Shmup légendaires, le travail des équipes de Success et ININ semble limité.
Des plus au gout de bonbons tendres et acidulés !
Les grandes nouveauté présentées dans Rainbow Cotton sont multiples.
Le plus gros atout de cette version est l’ajout d’une localisation complète. Ce qui signifie que ce titre exclusif au Japon a été quasiment intégralement retraduit et sous-titré. Tous les éléments importants ont été pris en compte. Nous regretteront simplement que les multiples blablas de nos amies les fées ne disposent pas de sous-titres lors de la traversée des niveaux.

La possibilité de jouer en coopération sur un même écran. Une idée classique et nécessaire mais qui possède ses limites. Tout comme dans un des précédents remaster de la saga Cotton, le second joueur incarne la fidèle fée qui accompagne Cotton. Ainsi, il peut tirer sur les adversaires mais cette fois sans viseur. Mais le plus intéressant est qu’il ne possède pas de barre de vie. En effet, c’est toujours Cotton qui reste la cible principale avec une barre de vie et les sorts à lancer. Extrêmement utile mais frustrant.

Quant à l’ajout des embranchements de niveau, c’est un bien par le mal. Durant votre parcours, si vous réussissez certains objectifs ou que vous placez Cotton sur le bon chemin, vous pourrez prendre des chemins alternatifs. Une idée très plaisante mais réservée aux meilleurs. En effet, il ne s’agit pas de raccourcis. Ces chemins alternatifs ajoutent de nouveaux passages et sous-boss qui sont de véritables défis. Si ce n’est pour la gloire, évitez les comme la peste !

Le plus coton des Cotton ?
Ce qui est marquant avec les épisodes de la saga Cotton est leur accessibilité. Les titres de Success et ININ sont toujours de véritables défis. Mais ils disposent généralement d’un niveau de difficulté très variable. Les joueurs débutants peuvent prendre le temps de devenir des experts et profiter à 100% des titres.

Une manière de rendre les SHMUP beaucoup plus accessibles et fun. Ce qui n’est pas à ce jour réellement présent dans Rainbow Cotton 2024. Nous allons patienter pour les premiers patchs qui rebatteront les cartes. Ayant commencé en mode Normal, nous nous attendions à ce que le mode facile soit plus simple et le mode difficile bien pire. L’effet aura été inverse. Non pas que le mode facile ne le soit pas. Mais il semble que le jeu réalise de lui-même une augmentation de la difficulté en fonction de vos résultats. Rendant très rapidement le mode Facile bien plus dangereux que ses grands frères. Normal ? L’avenir nous le dira.


La note des Dreamers : 14/20. Rainbow Cotton a souffert du passage à la 3D et son portage ne fait guère mieux.
Style de jeu : 18/20 – Rainbow Cotton reprend parfaitement les traits de ses prédécesseurs. Cependant le titre n’apporte pas de réelle nouveauté lui offrant une âme et une place dans nos cœurs. Et l’ajout de la coopération ou des embranchements scénaristiques ne sont pas assez efficaces pour nous retenir.
Histoire : 10/20 – Rainbow Cotton est une énième répétition de l’histoire de la saga. Le twist de fin met le joueur dans le même état que Cotton. Et nous donne surtout envie de dire merci que ce soit fini.
Graphismes : 12/20 – Rainbow Cotton est un remake qui ne se veut pas un portage. La difficulté principale dans le portage de jeux en 3D reste l’écart générationnel. Les éléments 3D en grosse masse rendent souvent l’écran illisible. Et malheureusement, dans ce remake, nous avons l’impression de jouer à l’instinct.
Jouabilité : 9/20 – Le gros point noir de Rainbow Cotton est sa jouabilité. Les commandes pourtant simples se révèlent difficiles à prendre en main, même à la manette. Le système de visée est affreusement approximatif tout comme le déplacement de Cotton. Ainsi, on se retrouve souvent face aux adversaires que l’on tente d’éviter. Ne parlons pas des décors qui polluent l’écran. La 3D a tué Cotton.
Ambiance sonore : 18/20 – L’ambiance sonore de Rainbow Cotton est la réussite du titre. les bruitages loufoques de la saga sont toujours présent. Et bien plus que de nous plier en deux de rire, ils servent à comprendre ce qu’il se passe et notre situation réelle. Ils sont si bien pensés que l’on pourrait presque jouer les yeux fermés.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Jeu testé dans sa version dématérialisée sur Playstation 5 fournie par PR Hound.
