
2025 est l’année des hommages à Benoît Sokal. Après l’Amerzone : Le Testatment de l’Explorateur et Syberia Remastered, Virtuallyz Gaming et Microids Studio Paris nous offrent Syberia VR.
Nous attendions avec impatience ce passage en réalité virtuelle, de l’aventure de Kate Walker et Oscar l’automate. Et depuis le 14 novembre 2025, il est enfin possible de jouer au titre sur Meta Quest 3 et Meta Quest 3S en se rendant sur le Meta Store.

Si certain se plaignent de la qualité de ce portage, soyons dès le départ honnêtes, il est magique.
L’aventure Point-and-VR
Syberia VR est le portage 1.5 de Syberia. Le titre n’est pas aussi beau que Syberia Remastered sur Playstation 5 Pro. Un point que l’on comprend parfaitement si l’on compare la puissance des plateformes. Peut-être que nous parlerons un jour d’un portage Playstation VR2 mais ceci ne restera certainement qu’un doux rêve.


La qualité graphique du titre est le point de tension de ce portage. Mais pourquoi parler de cela maintenant ? Car ce qu’il faut comprendre c’est que nous n’avons pas du tout la même expérience. Les versions consoles et PC « Flat » proposent de traverser des environnements fixes qui en mettent plein les yeux en limitant les opérations de calcul nécessaires. Le joueur déplace Kate en pointant sur des zones pour faire avancer et interagir l’héroïne en vue à la troisième personne. Du point-and-clic sur C devenu du move-and-click dans le remaster.


A l’inverse, Syberia VR propose une immersion 3D dans les paysages. Les décors ne sont plus bloqués par des murs invisibles et la caméra est totalement libre car le joueur incarne littéralement Kate en vue à la première personne.


Ainsi, même en ayant déjà réalisé l’aventure, à chaque nouveau lieu que l’on explore, c’est un « WOUAHHHH!! » qui traverse notre bouche. Les décors prennent vie et des millions de détails apparaissent. Le point le plus fou est qu’il existe même des raccourcis entre certaines scènes.


Enfin, pour ceux qui critiques les déplacements « lents » de Kate, l’utilisation du stick pour avancer et la possibilité de courir sont similaires aux commandes dans Syberia Remastered. Sauf que nous sommes en VR. Et que nous disposons de la possibilité d’activer aussi le téléport. Le rêve de tout amoureux du titre original. Il suffit de pointer un lieu pour s’y rendre. Comme en flat. Et la vitesse de déplacement n’est plus du tout un problème. Le rêve.

Syberia VR est un style à lui tout seul, le Point-and-VR.
Un rappel pour les nouveaux voyageurs
Kate Walker est une avocate envoyée à Valadilène, un petit village des Alpes, par son cabinet afin de régler la signature de la vente de l’usine historique d’automates. La dernière membre de la famille Voralberg a enfin décidé de vendre l’usine transmise par son père après la disparition de son frère Hans en 1930.


Une affaire qui devait se régler en une journée si l’avocat de la famille ne lui avait pas annoncé la mort d’Anna Voralberg juste avant son arrivé. Et que le fameux Hans n’était pas mort. Débute alors le plus fou des voyages à la recherche d’un homme disparu aux confins d’une Europe de l’Est revisitée.


Sans oublier que ce voyage est aussi un bon moyen pour Kate de comprendre ce qui ne va pas dans sa vie. Et de partager du temps avec des personnages inoubliables comme Oscar l’automate, Boris le cosmonaute ou la diva Helena Romanski.


Ce périple est à la fois une ode à la créativité et à l’espoir mais aussi une critique du monde dans les années 1990. La chute du communisme et ses impacts, la montée du capitalisme, le développement de l’individualisme, tout est présent. Mais nous en garderons l’exotisme et les rappels à l’excellent Amerzone dans le même univers.
Quelques imperfections pour un médium non maîtrisé
Après avoir offert les mots les plus doux pour un titre VR destiné avant tout aux fans de la saga, revenons sur ses défauts. Syberia VR est loin d’être parfait mais en soit, rien d’insurmontable.

Le premier élément, et celui qui lui coûte le plus cher, est le manque d’anticrénelage. Dès le chargement du logo du jeu cela se remarque. Et si parcourir Valadilène et le reste du monde est un plaisir, l’impression de revenir sur une résolution de Meta Quest 2, voir plus ancien, est rude. Nous avons utilisé ne solution simple, Quest Game Optimizer avec passage en résolution à 150% et ce fut fini.

Plus problématique, en fin de jeu, tout comme sur la version console, il existe quelques bugs mineurs. Des phases de jeu mettent du temps à se charger et donner l’impression d’être bloqué. Alors qu’il ne s’agit que d’un chargement en cours. Il faut parfois être un peu patient.

Et parfois être entêté et revenir parler avec les personnages pour débloquer une action. Comme la clé tendue par Boris qui est devenue attrapable qu’après trois relance de la conversation. Un moindre mal si l’on compare avec le soft lock rencontré sur le remaster qui a nécessité de recommencer un chapitre complet.


Tout comme les problèmes d’alignement des objets en trois dimensions. De petits détails amusants sont à trouver comme des pieds de verre enfoncés dans un bureau. Ou les pieds d’Oscar enfoncés dans la cabine du train. Des petits bugs classiques et amusants.
Syberia VR : une envie toujours plus grande de partir à l’aventure
Syberia VR offre un nouveau regard sur l’œuvre de Benoît Sokal. Les nouvelles mécaniques et interactions offertes par le passage en véritable 3D est un plaisir. Dessouder, dévisser et manipuler les objets cultes de l’aventure donne une impression d’immersion complète dans la peau de Kate.


La qualité graphique qui paraît imparfaite est en réalité très bien adaptée. Les transitions avec le mode wagon de cinéma intègrent parfaitement les vidéo d’origine qui ne sont pas dénaturées.


Et que dire si ce n’est merci pour les détails de chaque personnage, chaque automate qui leur donne une vie supplémentaire ? Et merci aussi d’avoir maintenu les voix originales comme celle de Françoise Cadol qui est la plus parfaite des Kate.

Bravo aux équipes de Virtuallyz Gaming et Microids Studio Paris pour ce remake en VR d’une qualité exceptionnelle. Tous ne l’apprécient pas à sa juste valeur mais il faut savoir se retenir face au respect qui a été porté à la création de Benoît Sokal.
La note des Dreamers : 9/10. Syberia VR, un titre presque parfait pour les amoureux de l’aventure et du Point-and-VR.
Style de jeu : 10/10 – Syberia VR s’empare des mécaniques de la VR pour pousser l’expérience point-and-clic encore plus loin. Syberia était une référence dans son genre. Syberia VR en est une aussi, et c’est mérité.
Histoire : 9/10 – Les critiques de notre société présentées dans son prédécesseur n’ont pas autant d’effet ici. Mais le déclin industriel et l’histoire personnelle de Kate Walker résonnent amèrement dans nos esprits, surtout quand on le vit à la première personne. Tout devient beaucoup plus poignant.
Graphismes : 8/10 – Syberia VR est une belle adaptation graphique de l’univers de Benoît Sokal. Les textures sont propres et les décors pleins de détails. Mais le titre souffre d’un anticrénelage absent et d’une gestion des lumières qui paraît parfois un peu fade. La verrière de l’université devrait déborder de lumière comme dans Syberia Remastered et nous avons pourtant une impression de froid en la traversant.
Jouabilité : 9,5/10 – Le choix de mixer les commandes classiques de la VR offrent une expérience de jeu totalement adaptée au genre. Ceci permet aussi à tous les types de joueur de naviguer en VR. Certaines commandes comme la composition de numéros sur le téléphone restent un peu difficiles mais ne bloquent en rien la progression une fois les raccourcis trouvés. Les réglages spécifiques à la VR présent ici, comme la hauteur de caméra ou la position de jeu, sont parfaits. Il ne manque que la sélection des chapitres pour se sentir bien.
Ambiance sonore : 10/10 – Syberia VR dispose de la même ambiance sonore que Syberia et Syberia Remastered. le doublage entièrement en français est agréable. Les musiques sont agréables et communiquent parfaitement avec le joueur malgré une légère répétitivité. Une spatialisation des sons même incomplète est la petite cerise sur le gâteau.


*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Jeu testé dans sa version dématérialisée sur Meta Store fournie par Microids.
