
Si vous avez ressenti une gigantesque vague de froid dernièrement, c’est normal. Le phénomène Frostpunk est de retour avec l’arrivée le 18 novembre 2025 de Frostpunk 2 sur consoles.
Oui, le terrible city-builder post-apocalyptique vient démontrer sa puissance sur Playstation 5 et Xbox Series X. L’équipe de développement 11 bit studios et Maximum Entertainment ont poussé le portage de ce titre sur console bien au-delà des attentes.
Mais cette incursion sur une nouvelle terre fera-t-elle fondre la glace ou marque telle la fin d’un cycle ?
Frostpunk 2, un rêve de Neo-londonien
La suite du titre Frostpunk prend place trois décennies après l’histoire du premier opus. Le capitaine qui gérait précédemment la cité a laissé sa place à un intendant gouverneur. Ce dernier, que le joueur incarne, se retrouve seul face aux contraintes du froid qui a plongé le monde dans une ère de survie.


Mais Frostpunk 2 ne se contente pas de revivre les différents chapitres du premier épisode. Il les complète avec deux grands éléments : le pétrole et les factions.


En dehors de sa grande difficulté, une des caratéristiques de Frostpunk était d’avoir intégré une grosse patte Steampunk. Le titre offrait une ressource majeure, le charbon, et l’aspect pré révolution industrielle était porté par l’abondance des machines à vapeur.

Dans ce second opus, un rapprochement extrêmement fort est fait avec notre réalité. Non seulement une autre ressource prédomine, mais ses technologies aussi. Alors non, nous ne finissons pas Frostpunk 2 en pilotant des IA. Mais le fait d’exploiter cette ressource offre de nouvelles perspectives d’évolution des conditions des citoyens et leur union plus puissante. Ou une chute bien plus douloureuse.
La survie par l’union ou longue vie à la faction ?
La second nouveauté majeure de Frostpunk 2 est l’apparition de factions. Si dans le premier opus le joueur se contentait de faire passer ses lois pour assurer la prospérité de sa ville, ici, il n’est plus seul. Les factions sont de nouvelles entités qui seront influencées par les lois présentées par le nouvel intendant. Tout autant que par ses actions dans la ville ou lors des explorations.

Les factions apparaissent petit à petit dans le jeu. Chaque nouveau grand mouvement peut en faire apparaître une ou en diviser en sous-branches.

Les premières factions sont au nombre de trois. Les premiers sont les Néo-Londoniens, des représentants de la fin idéale du premier opus. Ils sont accrochés au générateur et aux réussites réalisées par le passé. Aussi la rigueur, la technologie et la solidarité sont les maîtres mots de cette faction qui est prête à tout sauf s’éloigner du générateur.

Contrairement aux Etendiens. Une faction qui a tenté d’affronter les enfers blancs mais sans réel succès. Ses membres ne pensent qu’à suivre le rythme de la nature et explorer le monde d’aujourd’hui. Afin de construire un demain en communion avec la rude nature.

Un choix que pourraient réaliser les Sapeurs, si la nature n’était pas si chaotique. Car les membres de cette faction ne jurent que par la raison et l’ordre. Mais ils sont surtout conscients que le Capitaine dont ils sont la mémoire, n’avait assuré la survie de la cité qu’à l’aide de la technologie.

Et ce triptyque pourra évoluer pour laisser place à d’autres tels que les Pélerins. Un groupe qui dénigre le générateur pour se vouer à l’Etendue. Un groupe traditionnaliste et surtout communiste. Une alternative parmi tant d’autres.
La politique, un combat de plus
S’il était déjà possible dans Frostpunk d’établir différents types de société (égalitaire, totalitaire, religieuse), dans ce nouvel opus, il sera surtout possible de se retrouver destitué. En effet, dans Frostpunk 2, si les lois ne conviennent plus aux factions, la ville peut se retrouver plongée dans le chaos. Ou tout simplement déclencher un vote qui décidera du sort du gouverneur.


Il existe donc de nouveaux moyens de mettre fin à une partie. Le générateur et ses ressources limitées reste le point central de l’histoire. Mais si le joueur ne satisfait pas les factions ou décide de parier sur la mauvaise, alors ce sera l’expulsion avant la chute de la ville.

Le choix le plus simple est la stabilité. Mais par exemple, choisir de laisser les Pélerins pousser les expéditions permettra de trouver de nombreux points de ressources. Un point positif. Sauf que dans la majorité des cas, il existera un moyen d’exploitation basé sur une technologie non développée. Car c’est en répondant aux besoins des Néo-Londoniens. Ou il faudra attendre bien plus longtemps pour détenir les précieux tickets de développement.
Affronter le froid, survivre, et reigner ?
Si ces nouveautés paraissent transformer le jeu, les bases sont tout de même préservées. L’objectif premier est d’assurer la survie et la croissance du peuple à travers la chaîne de ressources. Les arbres de développement des lois, des technologies et du type de société assurent une diversité des choix proche de l’infini mais surtout contrainte.


Les hommes ne sont pas des pierres qui roulent. Surtout dans la neige. Et comme dans le premier opus, les choix de lois et de développement réalisés en début de partie créent des impacts à long terme. Et bien entendu, sans spoiler, être trop gentil dès le départ assurera quasiment à chaque fois la perte de la ville. Tout comme l’excès de contraintes.


Faire travailler les enfants ou limiter leur éducation à la reprise du travail de leurs parents ralentira la recherche et le développement de la ville. Et trop privilégier le travail entrainera l’arrivée d’accidents et de maladies. Des maux que les périodes de blizzard ne feront qu’aggraver.


Il faudra alors manier les factions, les secteurs et la manette d’une main de maître tout puissant pour réussir à tenir.
De gros plus pour de nouveaux supports
Le passage d’un jeu de stratégie en temps réel géré au clavier et à la souris sur une console avec manette devait entraîner quelques changements. Mais après quelques adaptations douteuses de jeux de stratégie, il s’agissait du point le plus critique de ce test.

Pour comprendre notre analyse, il faut se rappeler que Frostpunk 2 est un jeu post-apocalyptique dans lequel les humains traversent une nouvelle ère glacière dévastatrice. Les jours sont difficiles et lents. Et en ce monde figé, les guerres entre humains sont inutiles ou plutôt beaucoup trop consommatrices pour être réellement envisagées.

Donc, disposer de commandes qui offrent un gameplay lent tout en permettant d’accélérer parfois le temps est tout à fait normal et volontaire. Si vous avez l’impression que les choses sont lentes, changez de jeu tout simplement. Surtout que de nombreux efforts ont été réalisés.

La mise en place du système de quartier réalisant un type d’action précis facilite les commandes console. Avec un nombre limité de choix, la mise en place de roue de choix en alternative des grilles multi-niveaux de choix de construction est un excellent choix.

Et son application pour la majorité des éléments est une bonne chose. On regrettera seulement que le passage du stick à la croix directionnelle perturbe cette fluidité. Mais surtout que cela n’ait pas été appliqué pour tous les menus.
Des traces sous la glace
L’écran de gestion des factions et autres activités de la ville est extrêmement compliqué à manipuler à la manette. Il faut mettre le temps en pause avec carré et ensuite passer d’élément en élément avec la croix directionnelle en partant du haut à gauche pour ensuite basculer en bas et potentiellement après atteindre les informations de la partie droite.

Dommage que le travail n’ait pas été complet car pour tout le reste, c’est étonnamment fluide et plaisant. Le système de sélection par tuile et la géométrie des quartiers facilite d’autant plus la compréhension des structures sans avoir à relire des textes qui sont malheureusement microscopiques quand on est dans un canapé et non pas à cinquante centimètres de son écran. J’aimerai beaucoup avoir un retour des joueurs qui utilisent le Playstation portal.

Et ppourtant, que dire des décors et paysages magnifiques qu’offre Frostpunk 2 ? La fluidité avec laquelle nous passons de la carte de la régions à notre petit quartier d’extraction dans lequel les travailleurs sont totalement modélisés est impressionnante. Le jeu est beau et donne envie de prendre le temps de vivre avec chaque habitant.

Chose possible avec l’apparition de tranches de vie lors de la partie. Ainsi, selon les lois promulguées, les actions réalisées pour la survie de la population ou tout simplement du fait du temps qui passe, nous obtenons des petits récits d’habitants de la ville. Mais s’il est parfois possible d’avoir de bonnes nouvelles, ces messages sont souvent maussades ou tragiques. Toute victoire devient donc bonne à prendre.
Frostpunk 2, l’enfer blanc comme jamais auparavant

S’il y a des styles que l’on ne s’attend pas à avoir sur consoles ce sont bien les city-builders et les jeux de statégie. Frostpunk 2 de 11 bit studios est la preuve qu’un city-builder post-apocalytique est jouable sur n’importe quelle plateforme.
L’histoire présentée dans ce nouvel épisode se rapproche de ce que nous avons déjà connu. Mais il est important de voir l’impact généré par l’ajout de nouvelles technologies, d’un système revisité de construction et surtout d’un pouvoir politique instable.
Si vous pensiez avoir survécu au pire des enfers blancs, Frostpunk 2 vous prouvera que vous aviez une trop grande estime de vous-même. Et en tant que joueur passionné par les défis, vous replongerez avec plaisir dans ce nouvel opus.
La note des Dreamers : 8.5/10 – Frostpunk 2, un défi qui viendra glacer vos chères consoles.
Style de jeu : 10/10 – Frostpunk 2 est un city builder post-apocalyptique de grande qualité. Les sensations offertes sont aussi immersives que destructrices. Le froid est rude et aucune erreur n’est permise. L’excès de confiance sera votre perte, et cela même durant la phase d’introduction. On ne rigole pas et on souffre avec plaisir.
Histoire : 7/10 – Frostpunk 2 propose dans son ensemble une révision de son prédécesseur. Mais ce qui le rend intéressant, c’est l’ajout de véritables morceaux de vie des habitants de la ville. La survie a un prix et peut vous offrir de beaux cadeaux. Il ne tient qu’à vous de vous battre pour els découvrir.
Graphismes : 9/10 – Plus important qu’une qualité graphique révolutionnaire, l’ambiance graphique de Frostpunk 2 est une réussite. Qu’il s’agisse des débris de l’ancien monde ou des morceaux de vie exposés, le travail graphique est soigné et vibrant. L’hiver traverse l’écran pour nous engouffrer dans l’enfer blanc.
Jouabilité : 7/10 – S’il y avait bien un défi dans le portage de Frostpunk 2 sur console c’était sa jouabilité. Le titre dispose d’une durée de vie impressionnante de par son scénario à fins multiples et son mode Utopie quasiment infini. Amis Trophy Hunters lâchez vous. Mais le portage d’une palette impressionnante de commande n’est pas facile et la navigation dans les menus n’est pas totalement fluide. Heureusement, le temps s’arrête parfois.
Ambiance sonore : 10/10 – Si l’ambiance graphique de Frostpunk 2 est magnifique, l’ambiance sonore l’est encore plus. Alors vous n’ajouterez peut-être pas les musiques et les sons du jeu à votre playlist mais nous avons encore une fois une ambiance froide et oppressante correspondant parfaitement à ce que l’on attend.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Jeu testé dans sa version dématérialisée sur Playstation 5 Pro fournie par Maximum Entertainment.
