
Le temps passe et des sagas trépassent. Mais parfois elles reprennent vie sous d’autres nom. C’est le cas avec le titre Monochrome Mobius : Rights an Wrongs Forgotten.
Ce titre est sorti le 8 septembre 2023 en édition physique Deluxe sur les plateformes Sony Playstation 4 et 5 mais aussi en dématérialisé sur Steam.
Monochrome Mobius, comme son nom ne l’indique pas, est un nouvel épisode indépendant de la saga Utawarerumono. Il reste développé par le studio Aquaplus, édité par NIS America et et distribué par Plaion en France. Cette fois, fini le Beat’em all, l’action passe au tour par tour pour un JRPG intriguant.
Mais quel est le lien avec une bonne beuverie ? Seulement le risque de tirer une balle dans le pied d’une excellente histoire.

De héros qui portent un lourd passé sur leurs épaules
Monochrome Mobius : Rights and Wrongs Forgotten nous place à nouveau dans l’univers créé par la saga Utawarerumono. Un japon féodal fantastique guidé par un empereur divin, sage et pourtant très humain.
Cette fois, le titre abandonne la facilité du personnage amnésique de Haku pour présenter Oshtor un grand frère prêt à tout pour défendre sa famille. Le jeune homme souhaite devenir un Mononofu, aussi appelé Bushi ou Samouraï et suivre les traces de son père disparu durant sa jeunesse.
Sa vie va basculer lorsque Shunya va débarquer dans sa vie. Cette jeune femme est poursuivie par un groupe de soldats étranges venus d’Arva Shulan, la ville paradisiaque.
Shunya se présente comme la soeur d’Oshtor qui aurait été élevé par Pashpakur, le père disparu de celui-ci. Bien entendu, cette enfant découvrira sa propre vérité et une partie de son rôle lors de l’aventure.
Une aventure qu’ils passeront au coté de Munechika, fille de la dirigeante d’Izumo, la ville gardienne du Pilier des étoiles, un pont au-dessus du Grand Gouffre vers l’autre monde. Elle porte un très lourd héritage en tant que gardienne et passeur du Pilier des étoiles. Mais elle sera surtout le personnage avec les caractéristiques en jeu les plus intéressantes.
S’ajoutera le rival et meilleur allié d’Oshtor, Mikazuchi. Ce frère d’un des huit généraux piliers de l’empire porte aussi un héritage très lourd. Il sera le plus fidèle compagnon et le miroir d’Oshtor jusqu’au bout de leur périple.

Monochrome Mobius, le titre du changement de génération ?
Si l’on se base uniquement sur ces premiers éléments, Monochrome Mobius semble très proche d’ Umtawerumono : Zan dans la composition de ses protagonistes. C’est effectivement le cas et c’est volontaire.
L’histoire de Monochrome Mobius apparaît comme un préquel à Zan. L’intrigue menée lors de cet épisode apporte des réponses sur l’origine de personnages comme Ukon et sur la disparition du peuple technologiquement avancé des Onvitaikayan. Un peuple qui disposait de robots jouets comme Halu, mascotte de l’épisode. Le « H(ere to) A(ssist with work, I am your) L(ovable and charming) U(nit) » est aussi bien un puissant personnage, une boite à outil technologique que le psychologue de l’équipe.
Le titre présente aussi d’importants messages et réflexions concernant nos choix et nos actions. Qu’il s’agisse de notre propre avenir pour nos protagonistes. Oshtor choisissant acquérir le titre de Raven comme son père malgré les sacrifices que cela entraîne. Mikazuchi refusant d’obtenir un rôle qu’il considère ne pas mériter. Munechika acceptant à l’inverse un rôle qui ne lui correspond pas. Chacun développera sa propre réflexion et son propre choix.
Il sont la nouvelle génération. Ceux qui portent le poids du passé, l’affronte et forment l’avenir. Un avenir imprévu, plus ouvert sur les autres ? Ou un avenir déjà orchestré par les puissants et les erreurs du passé ? Tel un ruban de Mobius, même lorsque l’on souhaite se voiler la face, il n’y a qu’un seul plan et une boucle infinie de l’histoire chantée (utawarerumono en japonais) par tous.

Monochrome Mobius, l’origine de l’Akuruka ?
Dans la saga Utawarerumono, les protagonistes utilisent des masques appelés akuruka. Ces masques offrent aux guerrier qui les portent, les Akurituruka, la possibilité de développer des pouvoirs et capacités supérieurs mais aussi de se transformer en protecteurs. D’énormes robots ressemblant aux légendaires Palkia et Dialga.
Le déblocage, tragique, de ces éléments à mi-parcours de l’histoire offrira une autre vision du système de combat. En donnant un véritable sens pour toute l’équipe dans l’utilisation du Zeal, force équivalente à l’aura dans Final Fantasy, il constitue le seul moyen d’affronter les adversaires les plus puissants.
Dans le précédent titre, nous n’avions pas d’explication sur l’origine de ces masques et leur utilité réelle. Dans Monochrome Mobius, tout deviendra clair et limpide. Si ce n’est le rôle de Shunya dans vis-à-vis du système qui se cache derrière tout cela. Une question de plus pour un prochain titre ?

Les rubans de Mobius, un système éphémère ?
La principale spécificité de Monochrome Mobius : Rights ans Wrongs Forgotten est son système de combat. Celui-ci est classiquement basé sur une organisation en tour par tour en fonction de la vitesse de vos personnages.
Et pour offrir un aspect stratégique complémentaire, l’ordre d’action n’est pas déterminé sur une seule ligne temporelle. Présentées sous forme de cercles concentriques, l’ordre et la vitesse d’action de chaque personnage peut évoluer très fortement lors des combats. Plus un personnage est situé sur un cercle proche du centre et plus il pourra agir rapidement.
Une logique visuelle simple à comprendre. Et un élément stratégique lorsque l’on intègre la possibilité de faire changer la position des personnage sur un même cercle ou entre ceux-ci. Oshtor aura la possibilité de réaliser une « Ascension » vers un cercle supérieur et donc agir plus rapidement. Voire même agir plusieurs fois avant les personnages les plus lents. Ou les personnages ayant été « repoussés » sur leur propre cercle par d’autres actions.
Attention, ceci est valable dans les deux sens. Vos adversaires pourront vous renvoyer sur un cercle inférieur ou eux-mêmes s’élever. Un pur plaisir, ou enfer, lors des combats dans le mode difficile. Mais un élément de jeu oubliable lorsque l’on joue en mode normal.
Tout comme le fait de disposer d’éléments supports durant le combat, les gemmes. Ces gemmes pouvant apparaître sous certaines conditions doivent apporter des bonus de Zeal ou de la récupération de MP. Les valeurs sont tellement faibles qu’elles n’auront d’intérêt qu’en début de jeu. Une bonne idée mais qui aurait mérité plus de développement.

Monochrome Mobius, un titre qui a presque tout pour plaire
Monochrome Mobius : Rights and Wrongs Forgotten est un titre digne de la très bonne saga Utawrerumeno. L’histoire est très profonde et dispose de plusieurs rebondissements accrocheurs. Au bémol près d’un passage entier durant le troisième chapitre dédié à une beuverie entre hommes. Le titre propose non seulement des moments alors malaisants, mais aussi une coupure longue qui pourrait pousser, à tort, à abandonner le jeu.
Le système de combat du jeu est complètement revu et apporte un nouvel intérêt au titre. Mais l’organisation des phases de développement de l’histoire et quêtes secondaires offrent une impression de couloir et de déjà vu.
Il en est de même pour l’aspect graphique et sonore du jeu. La qualité visuelle reste du niveau d’une Sony Playstation 4 voire d’une Nintendo Switch. Et si la soundtrack du jeu est magnifique, elle reste bien trop proche de celle des anciens titres pour devenir transcendante.
Finalement, Monochrome Mobius est un titre qui mérite d’être joué mais qui reste ancré sur les plateformes ancienne génération. Mais sa fin sonne comme une porte ouverte sur un tout nouvel avenir pour cette licence. A voir.
La note des Dreamers : 14/20 – Du très bon mais sous perfusion
Style de jeu : 14/20 – Un passage en JRPG qui plait mais incomplet.
Histoire : 14/20 – Une histoire indépendante qui apporte des réponses mais mise en l’air par des passages inutiles.
Graphismes : 10/20 – Un changement de génération de console qui ne s’accompagne pas de changements graphiques nécessaires et des ralentissements incompréhensibles dans certaines zones.
Jouabilité : 16/20 – Des actions hors combats assez aléatoires. Un action ring insuffisamment expliqué.
Ambiance sonore : 14/20 – Les musiques sont belles et agréables mais totalement oubliables. Un impression de copié collé des précédents titres qui fait perdre son âme au jeu.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Test effectué sur une version Sony Playstation 5 du jeu offerte par Plaion France.

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