
Quand on parle de rêveur, on pense tout de suite à quelqu’un qui a la tête dans les nuages et vis dans son petit paradis. Avec Hellsweeper VR, les Dreamers sont partis directement en enfer !
Le rogue-like démoniaque de Mixed Realms (Sairento VR) et édité par Vertigo Games vient de lancer un pavé dans la marre du monde de la réalité virtuelle. Sorti le 21 septembre sur Meta Quest 2, PlayStation VR 2, PICO et PC VR. Nous nous concentrerons uniquement sur la version Meta Quest 2.
Les créateurs d’Arizona Sunshine et After the fall (test avec La Geek en Rose) nous proposent un titre qui mixe le cœur de ces de deux titres pour une expérience renouvelée. Mais est-ce suffisant ?
Hellsweeper VR : Balayer, astiquer et après ?
Hellsweeper VR vous place tout simplement dans la peau d’un éradicateur/balayeur de l’enfer. Le rôle de hellsweeper est simple, faire disparaître trois créatures magiques majeures et les pelotons de sbires qui les accompagnent.
Les terrains de jeu qui composent aléatoirement votre parcours paraissent exister en nombre restreint. Mais le changement de carte à chaque fin de niveau permet de limiter l’ennui. Et surtout, les cartes sont assez nombreuses pour donner l’impression de découvrir à chaque fois un nouveau lieu. Les combats sont menés aussi bien dans des temples japonais traditionnels que dans des ruines de villes ou au coeur d’une grotte immense. Et si l’on considère que le nombre d’environnements semble assez limité, c’est suffisant pour un FPS de combat en arène.
L’aventure est constituée de 12 niveaux aléatoires et de trois boss irritants. Ce qui est bien pour un FPS d’arcade mais reste court pour un rogue-like de long terme. Un véritable mode histoire aurait rendu ce titre incontournable.
Atteindre le boss final dès mon tout premier run, en mode normal m’a un peu refroidi. Mais gardons cependant en mémoire que nous avons ici un titre VR destiné à être joué en coopération et disposant de plusieurs modes de jeu.

L’enfer c’est avec ou contre les autres
Avant d’aborder les mécaniques d’Hellsweeper VR, il est crucial d’aborder les modes de jeu complémentaires. Attention, les modes de jeu ‘Salle de formation’ et ‘Défi’, le plus intéressant, ne seront pas tout de suite accessibles (le dernier se débloque au niveau 8). Et en réalité, c’est très bien car le jeu permet de cette manière de réellement se familiariser avec toutes les mécaniques du jeu avant d’affronter les adversaires les plus puissants et les autres joueurs.
Le mode Défi est un excellent moyen de se pousser à relancer le jeu et dépasser ses limites. Les classements étant renouvelés tous les quinze jours, les joueurs disposent toujours d’une bonne raison de revenir faire une petite partie.
Mais ce qui m’avait plu dans After the fall était le mode multijoueur cross-plateformes. Avec Hellsweeper VR, Vertigo Games réitère son coup de génie. Mais cette fois, la limitation à deux joueurs en coopération est frustrante car on aimerait disposer de notre squad. Même à deux, le jeu reste un véritable défi. Cependant la majorité des cartes pourrait accueillir quatre joueurs.
Ce serait un véritable enfer à gérer ? Bah oui et alors ? C’est aussi parfois ceci qui est bon.
Imaginez vous suivre en live une équipe de quatre joueurs tentant de survivre à travers les différents niveaux. Chacun ayant une seule vie mais pouvant être réanimé par les autres ou après un certain délai de survie, comme votre chien des enfers. Ce serait le rêve.

Evoluer au cœur des enfers
L’information a été lâchée, notre balayeur n’évolue pas seul dans les enfers. Le compagnon des enfers est débloqué dès que l’on atteint le niveau 2. Il est un des plus importants atouts pour votre survie, la meilleure capacité pour votre survie. Il m’a très, trop, souvent servi de leurre.
Dans Hellsweeper VR, le déblocages des capacités, des armes et avantages ou bénédictions de votre personnage se fera principalement en cumulant les runs. Votre avatar pourra évoluer jusqu’au niveau 25 pour devenir l’ultime concierge.
Au fil des niveaux, on débloque le fidèle compagnon canin mais surtout jusqu’à trois types de sorts (feu, électricité et froid) et quatre types d’armes (épées, armes à feu, masses, arcs). Ainsi que des capacités spéciales comme la lévitation/télékinésie.
Débloquer l’intégralité des capacités est en soit une épreuve. La durée de vie du jeu étant basée sur votre évolution, comme dans tout bon RPG, il sera nécessaire de cumuler de plus en plus de points d’expérience pour monter de niveau. Ce qui devient très vite long si on n’augmente pas le niveau de difficulté régulièrement.
Hellsweeper VR : Un rogue-like to move it, move it
Hellsweeper VR va vous épuiser ! Le jeu propose un mode assis. C’est une option qui n’est présente que dans un but d’accessibilité. Il est impensable de ne pas jouer debout. Et quasiment impossible de ne pas jouer dans une zone de 2 mètres par 2. Je n’ai malheureusement pas cet espace. Ma fenêtre et mes murs ont donc souvent fait la rencontre de mes mains. J’aurai aimé avoir la possibilité de jouer dans une énorme salle.
Le joueur est très rapidement plongé au coeur de l’action et on prend plaisir à charcuter les adversaires. Attention, le Meta Quest 2 demande un environnement assez bien éclairé pour rester agréable en jeu. Si l’éclairage s’affaiblit, le changement d’armes peut devenir compliqué et aléatoire.
Et un point important est le fait que je n’ai pas réussi à réorganiser les emplacements de mes armes durant les run. Une fois un emplacement sélectionné, il reste figé sauf si vous remplacez cette arme ou capacité par une autre. Ceci reste, pour moi, le point à ne surtout pas oublier. Mais une option ne serait pas difficile à ajouter et réellement bienvenue.
Dans tous les cas, sauf si vous jouez en mode Amical ou débutant. vous allez transpirer. Enchainer les actions avec vos armes de poing, le lancement des sorts et le rechargement des armes nous fait très rapidement monter en température.

Pirouettes et surtout cacahuètes
L’élément le plus intéressant d’Hellsweeper VR est le déplacement du personnage. Comme dans tout jeu de combat en arène, notre avatar peut effectuer des glissades, réaliser des doubles sauts et même courir sur les murs.
Mais le véritable plus est la possibilité d’effectuer des figures dans les airs. Une révolution donnant la possibilité de se déplacer à 360 degrés en vol. Et une option qui ouvre tous les champs du possible mais qui est très déstabilisante.
La qualité graphique globale du jeu est assez « basse » et il existe un brouillard constant dans l’environnement. Un point faible comparé aux derniers titres produits et surtout avec le débridage du Meta Quest 2. Cela s’explique principalement par le choix d’une fluidité assurée même en ligne. Un état que nous avions déjà connu sur les précédents gros titres de Vertigo Games et « ce souci » a toujours fini par se résorber.
Mais le manque de netteté et les multiples mouvements rapides cumulé avec le fait de se retrouver la tête à l’envers en levant les deux mains pour faire un « saut périlleux » avant vont retourner le cerveau. La cinétose, mal des transports, vous touchera rapidement et de plein fouet.
Je n’ai pas réussi à faire des cessions de jeu de plus de 5 niveaux sans finir mal. Je ne suis pas un grand joueur de FPS en « flat » mais je ne ressent pas trop l’effet de cinétose même lors de cessions de plusieurs heures sur tous les autres jeux. Avec Hellsweeper VR, pour rester « bien », j’ai fini par limiter mes sessions à 3 niveaux maximum. Ce qui rallonge la durée de vie du jeu et surtout du joueur.

Gimme your soul and you will shine
Hellsweeper VR est un jeu répétitif (la base d’un rogue-like) qui demandera un implication continue et est surtout un jeu multi-joueurs. Pour ces deux raisons, le studio Mixed Realms a utilisé l’arme la plus efficace pour tenir le joueur en haleine, la personnalisation. Il existe deux monnaies dans le jeu, les pièces et les âmes.
Les pièces servent durant vos runs pour acheter des bonus de renforcement uniquement pour cette partie. Un passage par la boutique sera alors obligatoire et ne garantira pas que les produits proposés seront ceux que vous souhaitez. Le gap de difficulté entre le second acte et le troisième est tel que si vous n’avez pas acquis de renforcement en boutique avant d’atteindre le boss alors vous n’aurez quasiment aucune chance de survie. Les pièces étant perdues entre les runs, ne loupez jamais une occasion de dépenser votre argent dans les boutiques.
Les âmes quant à elles ne sont pas perdues entre les runs. mais elles s’avèrent beaucoup moins utiles puisqu’elles ne servent que pour des achats de cosmétiques. Il sera possible de changer la couleur de la peau de votre personnage pour accéder à des couleurs d’un autre monde. Mais aussi de manière plus stylisée, changer la couleur du sang qui coule dans vos veines. Ainsi que de changer de masque. Rien d’extraordinaire mais cela est suffisant. Peut-être que nous pourrons un jours changer la tenue complète de notre personnage. Car oui, même si on ne pourra l’exposer qu’à une seule personne, cela est toujours plaisant de pouvoir modifier son apparence. Ou celle de votre compagnon infernal.

Hellsweeper VR, le nouveau rogue-like de demain ?
Hellsweeper VR est un très bon rogue-like/FPS en réalité virtuelle. Malgré la sensation de déjà vu, l’expérience est intéressante. Et tout comme pour les titres précédent de Vertigo Games, laissons quelques mois au titre pour devenir un véritable hit à posséder.
Encore une fois, Hellsweeper VR est un titre de Vertigo Games axé sur le multi-joueur. Et encore une fois, le choix de l’accès cross-plateforme est l’un de meilleurs choix. C’est un pur plaisir de partager cette expérience malheureusement trop courte. Mais attention, nous vous conseillons de réaliser des séances rapides pour ne pas dégrader l’expérience de qualité proposée dans Hellsweeper VR.
A vos balais, prêt à tout jeter, ça va cramer !
PS : Il est possible d’attraper et d’écraser le scarabée qui vous accompagne. Il ne fera que se plaindre avant de reprendre son envol.
La note des Dreamers : 13/20 – Tout pour mieux faire et un jour nous séduire
Style de jeu : 14/20 – De nombreuses options de gameplay qui présente un bon quake-like. Sauf qu’on nous a vendu un bon rogue-like.
Histoire : 6/20 – Une base qui pourrait donner envie avec un héro, des monstres qui ont un sens mais une histoire inexistante au final. Le coeur du rogue-like ne semble pas battre.
Graphismes : 12/20 – Un changement de génération de casque pourrait-il raviver la flamme ?
Jouabilité : 13/20 – Des commandes difficiles à gérer et presque trop nombreuses. Une cinétose qui se déclenche trop facilement et gâche l’expérience.
Ambiance sonore : 11/20 – Une ambiance tellement intégrée au jeu que nous n’y portons aucune attention.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.
Jeu testé dans sa version Meta Quest 2 à l’aide d’une clé fournie par Plaion France.
