
Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves, le titre tant attendu montre enfin le bout de son nez.
Le jeu est disponible ce 24 octobre 2024 sur PlayStation 4, PlayStation 5, Nintendo Switch mais aussi sur PC (Steam, GOG, Epic Game Store, Microsoft Store) et Xbox One|Series. Un énième titre de la licence emblématique de Peyo qui fête cette année ses 66 ans d’aventures.
Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves, développé par Ocellus Services et distribué par Microids, saura-t-il surpasser Les Schtroumpfs – Village Party sorti en juin de cette année ? Et peut-il offrir une nouvelle heure de gloire vidéoludique aux SchtroumpfsTm ?

Au fait, c’est quoi aujourd’hui les SCHTROUMPFS™ ?
« Bleus et hauts comme trois pommes, les Schtroumpfs valorisent l’esprit d’équipe, la loyauté, l’optimisme, la joie, l’humour et le respect de la nature. » Des valeurs qui reviennent aujourd’hui au devant de la scène et qui mettent en avant le respect de la vie entre êtres humains mais aussi de la nature.

Les Schtroumpfs vivent dans un village rempli de maisons en forme de champignon, caché au cœur d’une forêt magique loin des tracas de la vie humaine, ou presque. Apparus pour la première fois dans La Flûte à six trous, une bande dessinée de Johan et Pirlouit en 1958, ces personnages ont été créés par l’artiste belge Peyo (Pierre Culliford).
Alors que le tome 42, Les Schtroumpfs et la cape magique, est sorti cette année, la série animée Les Schtroumpfs (2021) est encore diffusée dans le monde entier. Et un nouveau film des Schtroumpfs produit et distribué par Paramount Animation a été récemment annoncé avec une sortie mondiale en salles prévue pour février 2025.

Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves, une mésaventure qui nous apprend à vivre
L’histoire du titre Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves est assez classique mais parlante à différents niveaux.

Gargamel a découvert un nouveau moyen de capturer les Schtroumpfs. Une potion de sommeil qu’il répand sur les buissons de salsepareille, pêcher mignon de nos petits amis bleus. Après un bon repas tout le village se retrouve endormi, ou presque. Le grand Schtroumpf qui reste la voie de la sagesse va créer une potions pour explorer les rêves des villageois. Et nous permettre de les réveiller après avoir découvert leurs rêves mais surtout les sortir de leurs cauchemars enfouis.

En y regardant de plus près, on retrouve ici un sujet plus grave. Ceci rappelle malheureusement les cas de manipulation des personnes à l’aide drogues cachées dans leurs aliments ou boissons. Et cela est une très belle manière de construire un jeu ainsi qu’une histoire en double lecture pour les Schtroumpfs.

Et dans la double lecture, les rêves traversées lors de l’aventure sont de bons exemples de réflexion à avoir. Le monde du Schtroumpfs coquet est le plus explicite. Les différents niveaux à traverser sont des représentation de l’impact du regard des autres sur notre vie. Et les peurs qui peuvent en découler. Ou des niveaux à la Metal Gear Solid dans lesquels il faudra éviter les Sctroumpfs gardes et les surveillants géants.
Car Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves est une bonne histoire des Schtroumpfs tout autant qu’un trésor d’hommages aux jeux vidéo et la pop culture.

De la variété sans excès à tous les niveaux
Présenté à la base comme un concurrent direct aux Super Mario en 3D, Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves est un melting pot de styles de jeux de plateforme de l’ère des jeux vidéo en trois dimensions.

Le titre d’Ocellus Services est en priorité un bon plateformer 3D. Il respecte tous les codes du style et les mécaniques d’énigmes sont aussi intéressantes que la difficulté progressive du jeu. Si on ne retient que les fait que le jeux comporte 32 chapitres, il peut paraître court. Mais la difficulté croissante fait rapidement oublier que le jeu semble destiné à un public jeune.

Le fait de disposer aussi d’un gameplay variable nous fait oublier que c’est avant tout un concurrent à l’éternel plombier. Et quand on parle de variation, on parle aussi bien de niveaux en 3D classiques mais aussi de retour dans le passé avec de la 3D isométrique. Ou des niveaux couloir en chute libre et complètement fous.

Les niveaux à défilement horizontal sont aussi efficaces que leurs petits frères disposant de profondeur. Et ils ont l’avantage de gommer le problème majeur du jeu. En effet, l’un des points noirs du jeu est la gestion des repères visuels dans les environnements 3D.
Des commandes parfois cauchemardesques
Si Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves est un excellent jeu, il dispose tout de même d’un sérieux point noir, sa maniabilité.
Les commandes de jeu sont figées et imposées au joueur. En dehors d’être très old-school, ce système est un sérieux frein à l’accessibilité. Mais ce n’est pas le seul. Nous passerons le fait que le didacticiel ne présente pas les actions les plus critiques pour le joueur. D’ailleurs, retenez que lorsque vous créez votre bulle qui vous permet de rester suspendu, vous avez la possibilité d’enchainer avec un saut pour vous propulser vers l’avant. Une action extrêmement importante pour ne pas mourir trop rapidement dans les phases de plateforme.

Ce genre de souci se retrouve aussi avec les armes ou ustensiles disposant d’actions variées. Par exemple, le marteau. Celui-ci utilisé avec la touche R pourra, avec un appui rapide, taper pour casser des objets. Ou en cas d’appui long, il pourra servir à reconstruire des éléments. Nous avons arrêté de compter le nombre de fois où en voulant reconstruire un élément nous avons finalement tapé dans le vide. Problème avec la touche d’action que l’on retrouve pour le déclenchement de certaines plateformes. Ce qui est gênant dans des phases à temps limité comme dans le dernier rêve.

Enfin, le manque de perspective de certains passages comme les niveaux du Schtroumpf peintre ou le niveau expert rend le jeu cauchemardesque. Certaines textures comme les zones de poison ne sont pas collées au sol mais plus hautes. Ceci a pour effet de nous induire en erreur lors du calcul des sauts car les ombres sont projetées sur le sol trop tard. Quand elles sont visibles.
Nous sommes alors très heureux de profiter d’une option presque insuffisamment exploitée, le mode coop.
La coopération au cœur de la réussite
Les Schtroumpfs sont souvent en groupe et il ne paraissait pas concevable qu’un jeu de plateforme de nouvelle génération soit uniquement jouable en solitaire. Et effectivement, la merveilleuse nouvelle fut de pouvoir lancer le mode coopération.
Attention, il est strictement limité à deux joueurs. Un choix technique certainement mais qui aura frustré la famille qui voulait parcourir les niveaux. En dehors de ce point négatif et du nombre limité de costumes, la coopération est le meilleur moyen de traverser Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves.


Tout comme dans mes classiques du genre, les joueurs possèdent leur propre stock de cœurs et perdent si les deux joueurs les épuisant tous. Il n’existe pas de moyen de se taper dessus mais reste possible de se bloquer l’un l’autre ou de se pourrir la vie avec la caméra. Bien entendu, tout problème trouve une solution.
Celle-ci est la plus propre et la plus utile que l’on pouvait imaginer. La transformation en lampe ou petite cage multicolore. Sous cette forme, le second joueur va suivre le premier et sera donc protégé de tout dégât. Une situation à priori classique et souvent présentée sous forme de bulle. Ici, la spécificité n’est pas que vous pouvez vous transformer parce que vous quitter la zone d’affichage. Mais aussi et surtout quand vous le souhaitez.

Un passage un peu difficile ? Pas de soucis, le premier joueur reste en sécurité et laisse l’autre tenter la traversée. Si le second joueur tombe, on se rattrape en bloquant la chute sous forme de bulle flottante puis on se transforme en lampe pour revenir dans la zone sécurisée. Technique de filou certes mais technique qui rend le jeu beaucoup plus abordable.
Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves n’est pas que pour les enfants. Du moins pas les joueurs débutants.
Un jeu pas que pour les petits
Tout joueur regardant la jaquette du jeu Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves se dit qu’il s’agit d’un jeu pour débutant. Et même si les premières heures de jeu en coopération auraient validé cette vision, la réalité en est toute autre.

Passé le premier monde, les choses se corsent un peu rapidement. Les niveaux nécessitent de bien comprendre la logique pour les traverser. Les champignons bleus permettant de débloquer les niveaux suivants sont de mieux en mieux cachés. Et arrivé au troisième monde, on se demande comment un enfant ferait pour ne pas exploser vingt fois avant de réussir à passer.
En toute franchise, ce fut un plaisir coupable que de s’acharner sur les niveaux. Comme une impression de retrouver les sensations des jeux de plateforme de l’époque de la NES et de la Super NES.

Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves ne nécessite pas que l’on finisse à 100% les niveaux pour en voir la fin. Mais si vous avez l’âme d’un compétiteur et que vous aimez les véritables défis, ce titre vous procurera quelques bonnes sensations. Le niveau le plus difficile aura pris quasiment une heure avant d’être complété. Et moins de vingt minutes pour le refaire après avoir compris que nous avions raté le premier champignon. Il en fut presque de même pour le niveau final. Parfait.

Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves, le jeu de plateforme tant attendu
L’année 2024 est une année Schtroumpfante. Et la vague bleue vient de trouver le titre du parfait équilibre.

Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves est une aventure des Schtroumpfs qui respecte tous les code de la bande dessinée. Et c’est aussi un excellent jeu de plateforme qui plaira aussi bien aux joueurs débutants qu’aux experts, seuls ou en coopération. Un jeu pour tous et destiné à tous. Une réussite inattendue et un véritable plaisir à explorer. Une épopée de rêve qui fait oublier les précédents cauchemars.

La note des Dreamers : 18/20. Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves est fidèle à son titre, tel qu’on en rêvait.
Style de jeu : 20/20 – Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves est la définition d’un très bon jeu de plateforme et aventure. Il regroupe tous les cotés positifs du style et sais combler tous les types de joueurs. Et c’est aussi un pur plaisir à partager.
Histoire : 15/20 – L’aventure de Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves respecte son publique jeune et ne vient pas décourager le public plus adulte. Une aventure des Schtroumpfs certes classique mais que l’on apprécie d’explorer et interpréter.
Graphismes : 17/20 – Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves dispose d’un univers bien animé et varié. Et même s’il est parfois pauvre en détails, le soin apporté aux graphismes est constant. On regrettera juste les latences liées aux faibles capacités de la Nintendo Switch.
Jouabilité : 17/20 – Tout comme pour son prédécesseur, il s’agit du meilleur et pire élément du titre. Les commandes non modifiables sont parfois frustrantes. Mais le plus gênant est l’état d’approximation quasi constant lié au manque d’ombres et de perspectives. Ce qui ne nous empêche pas de finir tous les défis du jeu.
Ambiance sonore : 17/20 – Les Schtroumpfs – l’épopée des rêves propose une bande sonore onirique et parfois épique. Encore une fois, la musique étant destinée à un publique jeune, les mélodies sont propres et légères. Ce qui les rend agréable à écouter et réécouter.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Jeu testé dans sa version dématérialisée sur Nintendo Switch fournie par Microids.

