Nous vous avions déjà parlé du titre des équipes de Shanghai AmberDragon est sorti le 07 mars 2024 sur PC via Steam lors d’une preview. The Weird Dream, le Metroïd-vania qui nous a offert autant de rêve que de cauchemars.

The Weird Dream : retour sur une histoire pleine de surprises
Dans notre preview, nous avions abordé la première couche de scénario exposée dans la première heure de jeu. L’histoire étrange de Cosette et des Astraux à combattre pour sauver Alpha City s’avère bien plus complexe que prévue.

Comme nous nous ne doutions, ces seigneurs sont bien Xi, Midi et Naide, les amies « disparues » de Colette dans les premier instants de jeu. Chacune fut confrontée à un traumatisme durant son enfance. Et chacune dispose d’un rêve inachevé ou bafoué lié à ce traumatisme.
Mais ce premier niveau de réflexion prend une ampleur encore plus sombre lorsque l’on découvre la véritable histoire d’Alpha City. Cette ville dans laquelle Cosette et ses amies évolue est truffée de créatures appelées Anomalies. Et l’origine de celles-ci fait froid dans le dos.

La découverte de ces secrets lors de l’exploration des différents environnements est à la fois captivante et effrayante de vérité. Des sensations renforcées et parfois atténuées par la recherche de la vérité opérée par Colette sur ce qui l’entoure et elle-même.

Des sujets que l’on prend plaisir à explorer ou exploser
Comment en est-on arrivé là ? Le monde dans lequel nous évoluons est-il réel ? Le passage à l’âge adulte est-il réellement synonyme de la perte de nos rêves ? Si nous pouvions extraire les rêves des enfants, serions nous prêts à les revendre et les consommer pour notre propre plaisir ? Comment nos rêves sont-ils détruits par la vie et par les autres ? Pourquoi ? Si nous n’avions qu’un rêve commun, quel serait-il ?

Ce niveau de réflexion s’accompagne de la question de la croyance et du combat pour la vie. Si la vie des personnes était écrite par avance et qu’il n’existait aucun moyen d’y échapper, l’accepterions nous ? Jusqu’à quel point serions nous prêt à combat ce destin préconstruit si nos rêvent nous portent ailleurs ? Serions nous prêt à nous laisser guider par un messie qui écrirait les pages de ce livre ? Et si le livre arrête de progresser pour laisser des pages blanches, que devons nous comprendre et faire ?

Les multiples niveaux de présentation de l’histoire globale de The Weird Dream sont un véritable plaisir intellectuel et vidéoludique.
Une évolution au rythme du joueur
Un très bon point constaté lors de la vingtaine d’heure passées sur le jeu est l’évolution du joueur.
L’apprentissage linéaire vécu pendant les trois premières heures de jeu laisse place à une très grande autonomie. La phase d’introduction aux mécaniques et d’acquisition des compétences primaires passées, le joueur est laissé libre de ses choix.

Une fois obtenues les compétences permettant de réaliser de multiples sauts, de faire disparaître les portes et barrières mais surtout, la possibilité de courir sur les murs, le jeu n’impose aucun ordre de résolution.
Il nous est même arrivé d’obtenir des compétences devenues inutiles comparées à celles déjà acquises, surtout en fin de partie. L’acquisition de ces dernières peut être faite en explorant des lieux ou en abattant des boss autres que les Astraux. Il est donc possible d’en rater ou comme indiqué précédemment, de ne pas les obtenir dans le même ordre que vos amis.

Et petit conseil, ne cherchez pas à vous acharner sur les zones d’épreuves que sont les ruines en début de partie. Les compétences que le joueur obtient au fil de la découverte permettront d’y revenir pour les plier les doigts dans le nez.
The Weird Dream, un titre proposant un contenu attirant
Nous avons l’habitude des Metro-Vania qui nous abandonnent sur le bas coté avant de nous rendre tout puissant. The Weird Dream dispose de nombreux atouts pour nous montrer notre progression. Et surtout nous donner envie de continuer.

Les éléments constitutif de l’histoire de Cosette sont à récupérer en explorant les environnements. Il existe 50 pianos à retrouver qui offrent accès à des notes du journal intime de notre héroïne. Les éléments paraissent décousus au départ mais une fois réunies, les pages nous présentent de manière amusante les liens entre les personnages. On finit réellement par retourner toutes les zones afin de combler les trous dans ce journal. Très plaisant.
Les quêtes annexes sont tout aussi intéressantes. L’histoire des anomalies et toutes les quêtes liées sont prenantes. Ceci permettant de débloquer des compétences uniques et les défis proposés étant variés, on se prête rapidement au jeu.

Le dernier élément qui pourrait être un jeu à lui tout seul est le compendium des anomalies. Ce livre offre une histoire courte présentant la genèse de chaque boss ou anomalie. Le jeu disposant d’une histoire très sombre, celles-ci sont souvent tragiques. Mais certaines sont amusantes si vous avez un humour très noir. Surtout celle du chien boule à pics.

Bien que cela constituerait le pire des spoil, une version physique de ce livre de notes serait l’objet collector parfait pour The Weird Dream.
Une difficulté équilibrée, jusqu’à la fin
The Weird Dream n’est pas le jeu le plus difficile qui existe. Le plus important est de bien suivre la liste des quêtes que vous aurez obtenues pour passer d’anomalies en anomalies.

Et il en est de même avec les objets. Le joueur peut acheter des listes restreintes mais renouvelables d’objets dans les shops de la carte. Mais le chaudron permettant de cuisiner vous-même vos objets sous formes de plats ou sucreries sera amplement suffisant.

Les objets de soin, de renforcement ou de d’énergie sont utilisables en quantité limitée durant les combats. Colette dispose d’un inventaire de combat composé de 6 objets à définir. Il ne faut pas oublier de surveiller son équipement avant chaque combat.

En effet, les 6objets sont attribués une seule fois et par 3 au maximum. Lorsque vous utilisez une unité d’objet, il faudra aller dans l’inventaire global pour réattribuer les trois unités de l’objet. Sinon, vous repartez avec uniquement la quantité non utilisée. Même après une mort.
Et la mort, une amie présente le temps de comprendre le paterne des sous-boss, reviendra vous hanter en fin de partie. Car s’il y a un véritable point noir au titre, c’est son boss final. Bien que les autres anomalies soient assez abordables, Celui venant d’un autre monde est un enfer. Le combat est réparti en quatre phases chacune entrecoupée d’une séquence de plateforme ultra nerveuse.

Des réflexes et surtout des nerfs en acier trempé sont nécessaires pour dé-sceller le destin de Colette. Un plaisir pour les amateurs de défis. Une déception potentielle pour les amoureux de l’histoire. Ce qui est dommage pour un jeu qui nous porte au sein d’une rêve. Mais après tout, cela n’est-il pas normal pour toute personne rêvant de devenir un héro ?
The Weird Dream, perdu parmi les rêves à ne pas oublier
Les équipes de WhisperGames et Shanghai AmberDragon offrent une aventure physique et philosophique des plus intéressante à travers The Weird Dream.

Les décors et l’ambiance du jeu sont parfaitement construits. Les environnements regorgent de détails et de vie. Et pourtant, certains sont extrêmement sombres, qu’il s’agisse de leurs couleurs ou leur thématique.
Bien au-delà de la poursuite du lapin blanc, The Weird Dream nous permet de l’incarner et de regarder de l’autre côté du miroir.

Les équipes derrière la création de ce titre sont motivées et impliquées. Et nous avons pu le vérifier concrètement. Lors de notre première prise en main du jeu, un bug avait mis fin à notre aventure malgré nos multiples relances de parties. Un mois plus tard et après d’autres corrections, nous avons repris nos sauvegardes et pu relancer le jeu sans devoir repartir de zéro.
Merci et bravo à Shanghai AmberDragon pour cette preuve d’implication totale.

La note des Dreamers : 17/20. The Weird Dream, le rêve de tout héro. Malheureusement uniquement en anglais.
Style de jeu : 16/20 – The Weird Dream peut être classé comme un bon Hollow-Vania. Le titre de Shanghai AmberDragon n’apporte cependant pas de nouveauté lui permettant de réellement se démarquer.
Histoire : 19/20 – S’il y a un point qui rend le jeu merveilleux c’est son histoire. Ou plutôt ses multiples histoires. Chacune dispose d’un niveau d’analyse et de réflexion suffisant pour rendre le jeu addictif.
Graphismes : 17/20 – Pas de gros défauts à exposer, si ce n’est le manque de variété des adversaires de base ! Il y a plus de sous-boss que d’adversaires classiques et c’est dommage. De même, les décors et environnements sont magnifiques dans leur style, mais manquent parfois de visibilité sur petit écran. Qu’est-ce que cela donnera sur Nintendo Switch ?
Jouabilité : 15/20 – Les compétences de Colette sont parfois difficiles à appréhender. The Weird Dream propose de nombreuses combinaison de compétences mais certaines sont difficiles à prendre en main, surtout à la manette.
Ambiance sonore : 15/20 – L’ambiance sonore de The Weird Dream est assez neutre. Ceci pourrait correspondre à l’état d’esprit du rêve que nous vivons mais vu l’amour de Colette pour le Rock, nous aurions apprécié des rythmes plus endiablés et sauvages.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.
Jeu testé dans sa version dématérialisée sur PC Steam fournie par PR Hound.
