
Aujourd’hui, le 25 janvier 2024, le studio Novelab vient d’ouvrir la plus belle de portes vers les aventures immersives. Demeter, The Asklepios Chronicles marque d’un cristal bleu le chemin vers un avenir radieux.
Fort de plus de 200 prix pour ses créations et récompenses de festivals de films comme le SXSW, Novelab propose une histoire pleine de réflexion et d’émotion. Mais savoir écrire de belles histoires et créer de belles expériences immersives permettent ils de garantir la production d’un bon jeu ?

Demeter, les chroniques d’un médecin
Le jeu Demeter, The Asklepios Chronicles présente l’histoire d’Atalante l’exploratrice spatiale.
Le vaisseau de cette dernière se retrouve pris dans un champs d’astéroïdes et s’écrase sur une mystérieuse planète. Atalante, dont on ne connait pas totalement les origines, est un être habituellement contrôlé par Echo. Malheureusement, le lien entre ces deux être semble rompu. Et c’est vous qui avez hérité de la capacité de la contrôler. L’exploration de la très calme planète débute alors.
Les premiers êtres que nous croisons sont de sombres félins qui sembles possédés par un mal inconnu. Et comme espéré, Atalante dispose de la capacité de les purifier. En les frappant jusqu’à ce que le mal soit évacué. Attention, une fois libérés, il ne sera pas possible de les caresser. Même si Atalante en meurs d’envie. Le moindre coup complémentaire, qui utilise le bouton action, entraînera la mort de la créature. Ceci ne semble pas avoir d’effet sur le jeu mais reste très triste.

Il existera d’autres moyens de se rattraper au cours de l’aventure. Et surtout de nombreux secrets à découvrir. Comme ceux de Pytheas, un autre explorateur dont les enregistrements sont dispersés dans le monde.
Au final, le plus important sera-t-il de comprendre l’histoire de cette mystérieuse planète qui regorge de secrets ? Ou seulement de retrouver les fragment du vaisseau d’Atalante ? Ou peut-être qu’un choix s’offrira à vous dont le nom, Asklepios, est associé au dieu de la médecine.

Une aventure immersive qui brise tous les murs
La plus belle claque offerte par Demeter, The Asklepios Chronicles est celle de ses environnements. Mais la plus intéressante est celle de l’expérience de jeu.

Dès le début du jeu, le joueur ne se contentera pas de contrôler Atalante. Celle-ci vous demandera elle-même de la diriger. Lors du déblocage des éléments d’intrigue, le joueur se retrouve face à Demeter dont il découvre l’histoire. A chaque fin de vidéo, lors du retour en jeu, Atalante s’inquiètera de votre léthargie.

Ceci est l’exemple le plus simple de vos interactions avec Atalante. Il serait possible de dire que cette relation est le choix classique de « dépasser le quatrième mur ». Mais ici, les échanges humains et le fait de garder le contrôle d’Atalante brise ce quatrième mur pour en toucher un cinquième.

Et l’immersion offerte par Demeter, The Asklepios Chronicles est d’autant plus unique que la réalité mixte ou réalité immersive plonge le monde de Demeter directement dans le nôtre.
Un gigantisme à double tranchant
Encore une fois, l’expérience immersive est révolutionnée par cette œuvre. Il existe d’autres titres disponibles en réalité virtuelle ou immersive qui offrent la possibilité de parcourir des niveaux tout en observant le monde qui nous entoure. Mais, c’est la première fois que la répartition des niveaux est constituée de manière semi aléatoire dans votre zone de jeu.

En intérieur, le jeu a débuté dans le salon alors que les énormes niveaux de boss se sont déroulé en plein cœur de la maison. Après avoir parcouru l’ensemble des murs de la zone de jeu (un salon/salle à manger de 35 mètres carrés. Et ne parlons pas du plafond qui pointe à trois mètres trente. Dès la vidéo d’introduction, les poutres semblèrent de trop.
Alors quoi de mieux pour une aventure spatiale que de jouer de nuit en extérieur ? Le faire alors que la lune s’offre à vous dans le ciel dégagé. Un pur plaisir. Glacial car réalisé en plein hiver, mais plaisant. Et à nouveau, le monde s’est éparpillé dans le jardin. Prenant appui sur le coffre de la voiture, le mur de la maison ou même sur la table d’extérieur. Magique.

La grande question s’est alors posée. Mais avec des décors si énormes, est-il possible de jouer en limite stationnaire ou assis ? Oui et non. Lorsque l’on passe en mode de jeu stationnaire, il suffit d’appuyer sur le bouton Y pour ouvrir le mode Accessibilité. Il est alors possible de déplacer le décors. En utilisant les deux manettes, vous pourrez même le faire pivoter. Très pratique mais tout aussi contraignant. Ce mode devient un réflexe en limite stationnaire. Il ne faudra par contre pas compter terminer en restant assis. Et honnêtement ce serait passer à coté d’une très belle expérience.

L’histoire d’une exploration que l’on aimerait sans fin
L’histoire de Demeter, The Asklepios Chronicles se déroule de manière plutôt linéaire. Il est cependant possible de manquer quelques niveaux si l’on ne prête pas assez attention. Ceci n’empêche pas de finir le jeu mais peut créer des trous dans la compréhension des histoires parallèles.
Le jeu se termine officiellement en quatre heures. Et ceci est malheureusement vrai. Si vous cherchez à compléter le jeu à 100% alors il vous faudra ajouter une à deux heures de plus. mais cela uniquement si vous pensez à vérifier que vous avez bien récupéré tous les éléments avant de faire les combats de boss.

Un des points ambiguës de la structuration du jeu est le fait que les décors soient aléatoires dans l’aire de jeu. En relançant une partie dans un lieu différent vous pourrez comprendre que ce sont bien les mêmes niveau. Seul l’emplacement des zones va varier.
Atalante vous fera traverser une trentaine de niveaux disposant d’une complexité variable, sans compter les boss. On pourra regretter le fait de ne pas pouvoir naviguer entre les zones de chaque chapitre et ainsi revenir utiliser des capacités débloquées au fil de l’aventure.

Ces points sont assez déroutants. L’expérience est merveilleuse et passionnante. On se retrouve presque trop rapidement à la fin de chaque environnement. Et le secret dissimulé au sein des crédits de fin nous donne envie de beaucoup plus.
Demeter, The Asklepios Chronicles : un titre de légende
Le travail effectué par le studio Novelab pour la création de Demeter, The Asklepios Chronicles est tout simplement admirable. Le jeu concentre tout ce qui a fait le succès des jeux d’aventure des années 90 avec de phases de plateformes variées et accessibles. Il offre aussi quelques casse-têtes pour obtenir un piquant à l’européenne. Et il cache des secrets qui donnent envie de replonger dans le jeu.
Cette expérience immersive est tout bonnement un must-have pour débuter dans le vaste monde de la réalité immersive. Un titre à prix réduit réalisé par une équipe française. Que demander de plus, si ce n’est une suite ?
La note des Dreamers : 16/20 – Une expérience à vivre qui donne envie de plus
Style de jeu : 19/20 – Novelab et ses équipes de développement prouvent à nouveau qu’ils savent y faire en terme d’expérience en réalité virtuelle et en réalité mixte. Demeter, The Asklepios Chronicles, est un jeu d’aventure complet et totalement immersif.
Histoire : 14/20 – L’histoire de Demeter est une leçon de vie comme nous les adorons. Celle d’Atalante semble l’être tout autant. Le jeu aurait cependant mérité un développement plus conséquent de la relation entre Echo et Atalante. Ainsi que de la vie que nous accompagnons.
Graphismes : 18/20 – Le jeu est propre et offre des décors massifs qui poussent parfois le Meta Quest 3 dans ses retranchements. La « simplicité » relative des environnements absorbe notre frustration de ne pas avoir plus de détails. Ou d’épaisseur sur certains éléments.
Jouabilité : 17/20 – Demeter, The Asklepios Chronicles propose un gameplay classique mais efficace pour des jeux d’aventure/plateforme. Seuls ses environnements trop massifs peuvent atténuer le plaisir de jeu. Les mécaniques de jeu débloquées sur les derniers niveaux manquent de niveaux dédiés. ou de niveau complémentaires (petit clin d’œil aux développeurs pour avoir des DLC).
Ambiance sonore : 15/20 – L’ambiance sonore pourrait être le point faible du jeu et pourtant il en est aussi un point central. Les musiques ne s’imposent pas au joueur. La solitude d’Atalante et de Demeter sont « palpables ».
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Jeu testé dans sa version beta sur Meta Quest 3 à l’aide d’une clé fournie par Novelab.
