
Bonjour à tous les lecteurs, Type Noise : Shonen Shojo, la nouvelle pépite du style Visual Novel. C’est un titre difficile et destiné à un public 16 ans et plus. Merci de faire attention à ce point pour votre lecture.
Le studio de développement DankHearts et le distributeur WhisperGames, nous livrent une pièce d’orfèvrerie numérique avec Type Noise : Shonen Shojo. Un nouveau sous-genre pourrait prendre vie avec ce titre qui est un Puzzle-Game psychothérapique.
Sorti le 17 septembre sur PC uniquement, ce titre est disponible en Anglais, Japonais et Chinois. Et Soyons honnêtes, ce sont ces points qui limitent la visibilité de cet excellent jeu.

Type Noise : Shonen Shojo, comme un air de déjà-vu
Qu’est-ce que cela vous ferait de vous réveiller au milieu d’un pièce qui prend l’eau ? Qui pensez-vous que vous seriez si vous oubliiez votre passé ? Chercheriez-vous à retrouver vos souvenirs ou laisseriez-vous le temps vous offrir de nouveaux souvenirs ?


Telles sont les bases de Type Noise : Shonen Shojo. Et de l’histoire de ses six protagonistes. Un groupe de cinq jeunes qui ne semblent pas avoir de liens. Si on en tient pas compte du fait qu’ils aient tous une vie très mouvementée. Pour ne pas dire traumatisante.

Et chose assez classique deux de ces six personnages deviendront le coeur de l’intrigue. Ainsi que de sa résolution. Il y a tout d’abord Zena Yugamizora, l’étudiante fan de Super Sentai (comme Bioman ou Power Rangers) et la fille d’une femme qui s’est effondrée après s’être retrouvée seule. Comme les autres personnages, elle se retrouve plongée dans une situation à la fois stressante et connue auprès de Soto Ochibana.

Ce dernier est le coeur même de l’intrigue. Un jeune adolescent qui tente au mieux d’aider ceux qui l’entourent. Un garçon à l’air gentil, un peu faiblard mais avenant et déterminé. Et surtout un fan de casse-têtes et jeux de logique.

La rencontre de ces deux personnages n’est absolument pas le fait du hasard. Et Noise Scramble City est le terrain de jeu idéal pour les laisser se défouler. Une ville étrange et parfois sans sens. Une ville dirigée par un maire qui dispose lui aussi de nombreux secrets. Mais surtout surveillée par un chat démon appelé ‘Spectre’ qui sera votre meilleur conseiller pour survivre dans la cité.


Noise Scramble City, la ville de notre nouvelle vie
Type Noise : Shonen Shojo est à la base un Visual Novel. il dispose donc d’une intrigue extrêmement longue. Bien que le coup de l’amnésie sente le réchauffé, la structure même du jeu est importante pour la résolution de l’histoire. Par ailleurs, lors de la progression dans l’intrigue, les différents groupes de personnages devront se séparer pour avancer.

Car s’il est vrai que le nombre de zones explorées semble faible, Noise Scramble City est une grande ville. Ou plutôt une grande copie imparfaite de Tokyo, une grande ville dans laquelle, chaque jour, des personnes disparaissent ou apparaissent sans un cri. Une ville d’anonymes qui se reflètent comme des êtres sans un visage définit. Une ville dans laquelle les jeunes affrontent leurs plus grands traumatismes, dont Noise Scramble City tente de les libérer.


Le joueur dispose d’un libre-arbitre quand au choix des groupes ou personnes qu’il voudra suivre en incarnant Soto. Mais pas de panique, il ne sera pas nécessaire de refaire plusieurs fois le jeu pour découvrir les résultats des différents choix. Le parcours réalisé et les choix effectués sont présentés dans un ‘Flowchart’, un arbre de décision menant à l’une des trois fins du jeu.

Une fois que l’on a compris que l’on peut repartir de n’importe quelle branche sans risquer de perdre la progression sur l’histoire principale, c’est le jackpot. Il est possible et nécessaire de relancer les branches non explorées de l’histoire afin de permettre aux différents protagonistes de quitter cette ville.

Type Noise : Shonen Shojo, une histoire d’aujourd’hui
La meilleure partie de Type Noise : Shonen Shojo est son histoire. Construite autour d’un schéma simple qui pourrait paraître répétitif, elle est extrêmement prenante. Et si nous sommes habitués aux histoires de quête de la rédemption ou de l’élévation de soi, ici, le joueur affronte la vraie vie. La vie sous ses angles les plus horribles et sournois. Et le titre est alors aussi difficile visuellement que dans les mots employés.


Chaque protagoniste a vécu un évènement assez traumatisant pour s’être poussé au trépas ou avoir accompagné celui de personnes de son entourage. Nous nous concentrerons sur Zena ainsi que sur Itsuki Ozuki, le génie rebel. Ces deux personnages ont vécu des traumatismes extrêmes et assez différents.


Les trois personnages restant en plus de Soto, sont des archétypes très réalistes des japonais d’aujourd’hui. Hiyori Endo, une super starlette du net qui s’est moyée avec son meilleur ami dans les méandres des réseaux sociaux. Kaito Shimizu, l’artiste ténébreux aux secrets aussi troublants que ceux d’Honoka Kirishima.

Bien entendu, l’histoire de chaque personnage est liée directement ou indirectement à celle de notre assimilé héros. Et c’est en échangeant avec eux, en explorant les lieux de leurs souvenirs, que les fils de l’histoire se démèlent.

Type Noise : Shonen Shojo, explorer et se retrouver
Dans Type Noise : Shonen Shojo, le cycle d’exploration de chaque protagoniste qui accompagne Soto est simple et presque redondant.



Dans un premier temps, il faut explorer les lieux. Pour faciliter la vie des joueurs, il suffit de scanner la zone avec petit œil en bas à droite. On passe alors en mode point-and-clic. Il faudra rassembler 4 à 8 éléments de puzzle issus d’objets cachés dans le décors. Une fois ces éléments récupérés, un objet pourra être recomposé.


Cet objet est au cœur de chaque fragment de souvenir, un noise, qui pourra être exploré. Ces souvenirs sont les moments les plus difficiles du jeu. La pression de la société, la pression de la famille et les manipulations les plus viles de l’humanité sont présentées.


Et ce qui est dans certain cas, ces sont aussi les maux qui touchent l’entourage de nos protagonistes qui sont horribles. Car au-delà des douleurs physiques potentielles, ce sont les chocs psychiques. Et le fait que cela arrive tous les jours aux quatre coins du monde.


Le souvenir retrouvé, on repars pour deux ou trois étapes similaires. Et parfois il y aura quelques codes à composer ou des clés à utiliser au bon endroit. Jusqu’au grand moment du ‘Dialogue Inévitable’. Cette dernière étape est le moment le plus positif du jeu. Il s’agit d’explorer le trouble qui a poussé le personnage à vouloir mettre fin à ses jours. Et l’accompagner vers une solution salvatrice.


Cette étape prend la forme d’une série de remarques résumant les morceaux de souvenirs explorés. A la fin de chacune, une question à choix multiple est posée. Et si le joueur se trompe un trop grande nombre de fois alors le personnage fait une rupture mentale (Mental Break) et c’est le game over. Au contraire, si les bonnes réponses sont trouvées, alors arrive la libération, l’acceptation et la disparition du trouble (Noise break). Un objectif à atteindre bien plus difficile qu’on ne se l’imagine.


Mais tout cela ne se fera pas sans devoir tenter de résoudre des puzzles de plus en plus difficiles à chaque nouvelle zone ou un nouvel embranchement de l’intrigue.

Se casser la tête pour la retrouver
Que les amateurs de casse-tête se réjouissent Type Noise : Shonen Shojo est fait pour eux. Pour les autres, les développeurs ont pensé à vous, spoiler. Le jeu dispose de 40 casse-têtes différents à débloquer en fonction du parcours réalisé.


Les plus simples sont les combinaisons de codes basés sur des éléments de décors ou des objets obtenus en explorant les lieux et souvenirs.


Mais ceci est la face la plus simple de jeu. Certains cas nécessitent de cumuler exploration, analyse et déduction approfondie.


Nous n’aborderont pas les casse-têtes de la troisième fin mais leur niveau est tout aussi élevé que ceux du casino. Ces derniers sont d’une complexité avancée. Et les développeurs ont tellement peu confiance en leur public qu’ils ont intégré plusieurs aides. La première est que des indices seront distribués après chaque échec. Ils peuvent rester parfois vagues mais offrent toujours une bonne piste facile à suivre.



La seconde est des plus étrange. La réflexion complète à suivre pour résoudre l’énigme est offerte une fois la solution trouvée. Comme si les joueurs devaient obligatoirement tricher pour avancer. Soit dit en passant, c’est obligatoire au moins en fin de partie.


La musique adoucit les mœurs
Et rien ne sert de jouer un morceau de pipeau pour se justifier, les musiques de Type Noise : Shonen Shojo n’ont pas de rivales.

Nous sommes dans un titre qui se veut avant tout comme un Visual Novel. Et avec plus de vingt heures de lecture sans compter le double pour achever les épreuves du titre, c’était obligatoire.

Quel que soit le moment, les musiques d’ambiance nous plongent dans l’évènement. Le seul élément dérangeant porte sur les bruitages. Plus particulièrement sur l’alarme en début de partie qui ne restera que peu de temps, heureusement.


La bande originale du titre est véritablement un plaisir et ce n’est pas rien face aux créations d’autres titres de cette année 2025.
Type Noise : Shonen Shojo, bien plus qu’un jeu
Nous parlons rarement de titres ouvertement classés Visual Novel. Mais Type Noise : Shonen Shojo en est un digne représentant. Et bien plus que cela, c’est un mix des genres délicieusement réussi.
L’histoire qui paraît classique au départ se révèle et surprend au fil du temps. Les situations de vie que nous découvrons sont fortes d’un réalisme qui nous questionne sur nous même et ceux qui nous entourent.
Et pour ceux qui ne cherchent pas une exploration de la psyché et des traumatismes humains, ils pourront se retourner le cerveau sur de belles énigmes. Et les développeurs offrent les clés du succès à ceux qui n’y survivraient pas.
S’il n’y avait qu’un reproche à faire à Type Noise : Shonen Shojo, c’est le manque d’une traduction multi-langues. Mais ceci n’est rien face à ce que l’on ressent en explorant les secrets de Noise Scramble City.
La note des Dreamers : 91/100 – Type Noise : Shonen Shojo, une thérapie par la douleur.
Style de jeu : 18/20 – Type Noise : Shonen Shojo redonne vie au style tout en poussant le joueur à réfléchir bien au-delà. Un jeu thérapie.
Histoire : 19/20 – Le début classique de Type Noise : Shonen Shojo se révèle être une introduction à la dépendance aux traumatismes. L’image première de chaque protagoniste cache un mal-être profond à tenter de soigner.
Graphismes : 17/20 – Les dessins et éléments graphiques de Type Noise : Shonen Shojo sont de très bonne qualité. Certains décors sont difficiles à lire et parfois même pixélisés par des zoom volontaires, ce qui est dommage.
Jouabilité : 18/20 – Le titre peut être joué intégralement à la souris, et pourquoi pas un jour sur tablette. Mais ce qui est réellement positif est le système de Flowchart qui permet de revenir en arrière pour avancer sur un autre embranchement sans perdre sa progression. Un bonus non négligeable.
Ambiance sonore : 19/20 –Les musiques d’ambiance de Type Noise : Shonen Shojo sont des pépites que l’on prend plaisir à écouter pendant des heures.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Jeu testé dans sa version dématérialisée sur PC Steam fournie par les équipes de PR Hound.
