
L’année 2025 continue de nous surprendre en dévoilant chaque mois une nouvelle pépite. Cette fois, il s’agit de Bye Sweet Carole de Chris Darril porté par le studio italien Little Sewing Machine, Meangrip Studios et Maximum Entertainment.
Le jeu est disponible depuis le 09 octobre sur PlayStation 5, Nintendo Switch, Xbox Series X et PC via Steam.

Ce titre est une enquête aventure d’horreur qui reprend les codes du cinéma d’animation à la main des années 80 tout en s’inspirant du gameplay de la saga vidéoludique The Coma.
Le plus difficile des « Au revoir »

Bye Sweet Carole est un voyage romanesque et tragique à travers l’Angleterre de la belle-époque. Le joueur accompagne Lana Benton, une jeune fille courageuse à la recherche de sa meilleure amie disparue, Carole. Et c’est en explorant l’orphelinat de Bunny Hall et ses environs que l’enquête trouvera ses réponses.


Mais partir en quête en observant le monde à travers les yeux d’une jeune enfant peut creer quelques troubles. L’esprit de Lana transporte les joueurs dans un royaume aussi féerique cauchemardesque.


Les secrets de Bunny hall prennent sens à petit sens et nous révèlent de sombres histoires. Pensionnaires, professeurs, cuisinière, homme à tout faire, chaque personnage dispose de deux faces.


L’humain dans son rôle de l’époque se transformera en monstre dans l’imaginaire de Lana. Charge au joueur d’explorer les lieux qui l’entourent pour découvrir le drame qui l’a transformé. Humains et touchants, ces moments sont une véritable récompense.


Une époque victorienne loin et une vie loin d’être appréciables
Le jeu a été construit comme une critique de la société de l’époque. Avec l’arrivée des militantes britanniques, les suffragettes, le pays connu une belle évolution. Et le chapitre dix de l’histoire montre à quel point Lana est une femme qui croit en elle, en sa liberté et en ses convictions.


Un message juste mais qui est presque trop fortement imposé, ce qui détonne un peu avec le puissant message qui marque la fin du jeu.


Le royaume de Corolla, la méchante chouette Velenia et M. Kyn, le destructeur de mondes, tous ont un seul et unique but. Tous cachent une seule chose, le refus d’accepter et d’avancer.


Lana est orpheline qui s’approche de l’âge du mariage et qui vient de perdre sa meilleure amie. Nous vous laissons deviner les moments difficiles qu’elle traverse.


Un gameplay qui nous replonge dans une autre dimension
Et les difficultés sont nombreuses dans Bye Sweet Carole. Le titre reprend le système de la saga The Coma. Lana se balade dans des décors en deux dimensions pour résoudre des énigmes tout en évitant les monstres.


Repartis entre différentes zones, la résolution des différentes sortes de mecanismes et casse-têtes sera assez simples jusqu’à la fin du jeu.


L’option de combinaison des objets très présente en début de partie, disparaît malheureusement en fin de jeu. Comme l’aspect exploration qui laisse place à un véritable jeu de plateforme et QTE. Point faible du jeu.


Une version console à l’accessibilité contrastée
Car s’il y a un point noir sur la version Nintendo Switch de Bye Sweet Carole, c’est sa maniabilité. Les commandes placées dans une position peu classique sont parfois perturbantes. Le fait de ne pas pouvoir les modifier, contrairement à la version Steam pourrait être révisé dans une future mise à jour.

Mais ce qui vous fera vous arracher les cheveux est la hit-box des plateformes. Lors des phases de saut et de poursuite, les zones de réception ne sont pas très permissives. Cumulé aux QTE parfois imprévues, cela devient compliqué.

Mais même si, le titre devient petit à petit un mélange de genre qui peut paraitre difficile, il mène les joueurs à travers une époque hétéroclite et intéressante. Et tant qu’à présenter les us et coutumes de l’époque autant de faire plaisir au oreilles et au yeux. Quitte à vous envoyer sur la piste de danse.


Un choix de style graphique avec ses avantages et inconvénients
Comme chacun le remarque dès que le jeu est lancé, Bye Sweet Carole est un dessin animé interactif. A l’instar d’autres jeux du genre et de la saga Cuphead, tout le jeu a été pensé comme un dessin animé dans le pur style des années 80.


Le soin apporté aux animations et décors totalement réalisés à la main est admirable. Les lieux regorgent de détails et nous font vivre un véritable voyage dans le temps.


Mais ce choix comporte aussi quelques inconvénients pleinement assumés. Les décors de fond ont été dessinés pour une vue globale. Sauf que parfois, des zooms sont effectués et l’image affiché alors des défauts de résolution. Un effet assumé que l’on pouvait retrouver sur les VHS lorsque l’encodage était trop de mauvaise qualité.


Un choix qui est volontaire et assumé car il se retrouve aussi sur les décors de premier plan des arbres et de la végétation. Ce qui convient totalement à Bye Sweet Carole, un jeu atypique et assumé.

Bye Sweet Carole, une pépite de niche que l’on affiche
Encore une fois, cette année 2025 est l’année des jeux indépendants de haute qualité. Bye Sweet Carole est un bijou visuel tout autant qu’un difficile voyage dans le temps.

L’histoire est tragique, parfois poétique mais surtout beaucoup trop réaliste. Les malheurs de Lana sont aussi ceux de nombreuses enfants de l’époque. Et les combats qu’elle porte furent ceux des suffragettes qu’on ne peut qu’admirer.

Bien que le titre puisse paraître difficile du fait de quelques imperfections. Il mérite totalement d’y prêter attention. Il est un bon moyen aussi pour les adultes que souvent, les enfant cachent leur troubles dans leur imaginaire. Et que les contes ne servaient pas juste à rendre le monde plus positif en offrant de l’espoir. Mais bel et bien à nous confronter à la difficile réalité.
La note des Dreamers : 86/100 – Bye Sweet Carole, un morceau de vie et des épreuves dans une époque révolue pleine de phantasmes et difficile.
Style de jeu : 17/20 – Bye Sweet Carole reprend les codes du maître du genre. L’alternance des phases d’action, d’enquête et d’histoire est réussie. Il est juste dommage que tout semble avoir réussi à être géré uniquement en arrivant dans le dernier quart du jeu.
Histoire : 18/20 – Bye Sweet Carole propose une histoire en dix chapitres qui semble classique. Mais c’est dans la construction de ses deux derniers chapitres que le titre dévoile une histoire forte et engagée. L’idée est très pertinente mais parfois trop sévère. Un apprentissage du deuil et un passage à l’âge adulte qui nous bouleverse complètement.
Graphismes : 19/20 – La raison pour laquelle nous attendions tous Bye Sweet Carole, ses graphismes. Le style dessin animé à la main est tout bonnement bluffant. Les animations et les transitions entre les vidéos et le jeu sont quasiment invisibles. Le titre souffre cependant de deux défauts qui pourraient ternir son image.
Jouabilité : 12/20 – Bye Sweet Carole a été construit pour être joué d’une traite et sans retour en arrière possible. Et même lorsque vous aurez terminé le jeu, il ne sera pas possible de relancer un chapitre pour profiter de certaines activités. Les commandes figées des versions consoles sont aussi un point noir du fait du placement des actions et interaction sur des touches ‘inhabituelles’. Surtout que cet élément se couple avec une grande difficulté de gestion des phases de plateforme.
Ambiance sonore : 20/20 – Encore une fois, Bye Sweet Carole s’inspire de ses ancêtres pour proposer une ambiance que ne souffre pas de défauts. La bande originale du titre mérite d’être acquise, si vous ne l’avez pas déjà avec la version physique. La palette de sons et musiques en fonction de chaque environnement est un délice. Surtout pour un titre joyeusement angoissant.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.


Jeu testé dans sa version dématérialisée sur Nintendo Switch fournie par Maximum Entertainment.
