Le 27 février 2025, tels les pions dans une partie d’échecs nous nous sommes lancés dans Crowns and Pawns: Kingdom of deceit.

Le titre sorti en mai 2022 sur Steam puis en septembre 2023 sur Nintendo Switch, le titre des développeurs de Tag of Joy débarque sur de nouvelles plateformes.
L’éditeur Headup offre aux possesseurs de Playstation 4/5 et Xbox One/Series un nouveau point-and-clic dans lequel rien n’est ce qu’il semble être. Les grands noms du genre ayant fait un retour fulgurant ces deux dernières années, nous ne pouvions attendre que du bon.
Crowns and Pawns: Kingdom of deceit, une enquête au style néo-rétro.
L’histoire de Crowns and Pawns: Kingdom of deceit est digne de films d’action aventure des années 1990. Milda, une jeune femme dont vous pourrez choisir le métier, c’est important, reçoit un héritage empoisonné. Vivant seule à Chicago, soutenue par une mère qui n’est pas vraiment disponible pour sa fille et un père disparu depuis plusieurs années, Milda n’avance pas dans sa vie. D’ailleurs, celle-ci ne semble ne tenir qu’au prix des efforts consentis par Dana, sa meilleure amie.

Alors, quand elle reçoit un appel lui disant qu’elle doit partir en Lituanie pour hériter de la maison de son grand-père disparu, elle ne se pose plus vraiment de question. Mais le tour du monde débuté sous le Cloud Gate de Chicago ne se terminera pas dans une petite maison lituanienne. Les textes écrits a l’encre invisible par ses ancêtres vont mener Milda dans d’autres pays du continent européen.

Disposant de rebondissements dignes d’un Da Vinci Code, le jeu se concentre sur l’histoire d’un pays et d’une couronne légendaire.
L’histoire de la Lituanie à l’honneur
Crowns and Pawns: Kingdom of deceit est un jeu vidéo que l’on pourrait classer dans le genre éducatif. Car bien au-delà d’un simple point-and-clic, nous traversons une période historique qui aura marqué la Lituanie. Sous couvert du conte russe de Kachtcheï et surtout son adaptation dans l’opéra Kachtcheï l’immortel, on découvre un jeu en quatre scènes disposants de nombreux secrets provenant de ce dernier. Une base culturelle et historique forte mais surtout folklorique.

La couronne légendaire du roi Vytautas le Grand qui devint le Grand Duc de Lituanie entre 1390 et 1430. Ce dirigeant qui se convertit à plusieurs religions au cours de sa vie réussi tout de même à unir la Pologne et la Lituanie. Tout en tenant tête à la principauté de Moscou et aux chevaliers teutoniques.

Mais le plus important fait historique est sa mort. En effet, en 1429, Vytautas fait acheminer une couronne qui disparait durant le trajet. Et il meurt en 1430, quelques jours avant de recevoir sa nouvelles couronne.

Le jeu va donc nous porter à travers différents lieux historiques encore visibles aujourd’hui dont la cathédrale de Vilnius où il est aujourd’hui enterré.

Un style graphique simple mais efficace
S’il y a un point admirable dans Crowns and Pawns: Kingdom of deceit, c’est sa direction artistique. Rappelant les style de Carmen Sandiego et des Chevaliers de Baphomet.

Les décors peints à la main sont esthétiques et attrayants. Le monde est vivant et donne envie de se rendre sur place. Des paysages de carte postale pour une aventure qui vous en fera voir de toutes les couleurs. Et bien que l’histoire reste courte, tous les lieux donnent envie de prendre le temps de les explorer.

Il y a de nombreux détails qui sont inutiles pour l’histoire mais qui apportent un petit plus agréable. Ce qui ferait presque disparaître les désagréments que les développeurs n’ont toujours pas corrigés.
Des soucis pas encore corrigés
Le principal élément perturbateur de Crowns and Pawns: Kingdom of deceit tourne autour de ses commandes. Nous sommes dans un point-and-clic. Les deux clés d’une bonne expérience sont donc la navigation sur consoles entre les éléments à explorer, qui doit compenser l’utilisation de la souris, et la gestion de l’inventaire.

Pour remplacer l’habituel déplacement du curseur au joystick gauche, les équipes de Tag of Joy ont décidé de se servir du joystick droit pour passer d’un point d’intérêt à un autre. Ce qui est très bien si le décors est fixe ainsi que le personnage que l’on incarne.

Sauf qu’ici, se déplacer vers un point d’intérêt peut le faire disparaître si on en approche trop. Et parfois, comme dans la phase en scooter, il faudra enchaîner les actions et les objets dans un timing précis alors que les éléments de décors se déplacent. Un enfer puisque nous sommes sans souris.

Tout comme la navigation dans l’inventaire qui se réalise avec la croix directionnelle. Mais attention car vous pourrez naviguer entre les objets en utilisant uniquement les flèches droite et gauche. Mais si vous appuyer vers le haut, vous ouvrez votre téléphone portable. Et si en voulant aller sur la ligne inferieure des objets, vous appuyez sur la flèche vers le bas, même punition, l’inventaire se referme. Une navigation contre-intuitive dans un jeu qui demande de naviguer en continue entre les objets. Dommage.

Des oublis qui coûtent cher
Enfin, deux points qui ont aussi leur importance dans ce style de jeu, l’ambiance sonore et les aides de jeu.

On donne un dix sur dix pour le doublage en anglais mais intégral des dialogues de Crowns and Pawns: Kingdom of deceit. Les personnages, même s’ils sont des caricatures à tous les niveaux, qu’ils soient principaux ou secondaires, sont vivants. Et on aime les écouter parler, surtout quand ils se lancent des piques digne des jeux olympiens.

Cependant, les musiques d’ambiance sont extrêmement répétitives et surtout certains sons joués en boucle. Les plus flagrants sont en début de partie. Le joueur de trompette du Cloud Gate et le talkie-walkie dans la maison du grand père mettront vos nerfs en pelote. Mais vous feront aussi potentiellement gagner des trophées. Trophées que l’on débloque un peu au hasard, comme notre progression dans le jeu.

Car c’est le dernier point difficile qui n’a pas évolué depuis sa première version, Crowns and Pawns: Kingdom of deceit laisse le joueur se débrouiller. On retrouve ici les mécaniques à la Monkey Island avec des combinaisons d’objets et d’actions qui n’ont parfois aucun sens tant que nous n’avons pas essayé. Et contrairement à beaucoup de jeux d’aujourd’hui, aucun indice ne peut être débloqué en court de jeu. Un moyen facile mais potentiellement contre-productif d’augmenter la durée de vie du jeu. Alors qu’il y en a de meilleurs.

Une rejouabilité augmentée
Crowns and Pawns: Kingdom of deceit dispose d’une histoire à priori courte. Mais il a aussi des éléments qui lui offre une durabilité non négligeable.

Comme indiqué précédemment, en début de partie, le joueur décide quel sera le travail de Milda parmi trois. Et vous vous en doutez, il faudra finir le jeu en ayant choisit ces trois rôles pour débloquer tous les trophées. Et contrairement à certains jeu épuisants, on prend plaisir à relancer le titre avec un nouveau job.

Car comme dans tout bon RPG, le changement de job entraîne un changement d’approche dans certaines situations. Une psychologue et une programmeuse disposent de moyens bien différents pour obtenir une information. D’ailleurs, votre comportement avec les divers interlocuteurs peut aussi faciliter la résolution de conflits, ou les aggraver. Et même si on en arrive toujours au même point, il est extrêmement plaisant de voir réellement varier les scénarios.

Crowns and Pawns: Kingdom of deceit, au royaume de la tromperie, le borgne est roi
.Crowns and Pawns: Kingdom of deceit souffle un vent chaud mais avec une sensation glaciale une fois la manette entre les mains.
Le titre de Tag of Joy est un petit bijoux culturel qui a su exploiter les qualités du style Point-and-Clic. Mais deux années après un portage sur console qui avait déçu par certains aspects comme ses commandes, aucun changement n’est apparu. Il est dommage de ne pas avoir retaillé au moins sur ce point car le titre aurait pu devenir le dernier joyaux de la couronne des jeux de l’éditeur Headup.
La note des Dreamers : 13/20 – Un coup de trop pour Crowns and Pawns : Kingdom of deceit. A sacrifier la tour, on risque de ne pas devenir le roi.
Style de jeu : 14/20 – Crowns and Pawns: Kingdom of deceit est un point-and-clic disposant de mécaniques classiques mais efficaces. Les puzzle sont accessibles et la mécanique globale du jeu est bonne. On regrettera cependant qu’aucun effort d’adaptation aux consoles de salon n’ait été réalisé.
Histoire : 13/20 – Crowns and Pawns: Kingdom of deceit est une pièce d’opéra revisitée. Le jeu comporte quelques rebondissements interessants mais l’histoire paraît morne et trop classique dans le genre. Mais ce qui est le plus important est la découverte de l’histoire et la grandeur de la Lituanie à travers cette aventure.
Jouabilité : 8/20 – Crowns and Pawns: Kingdom of deceit est un jeu qui fête ses cinq ans. Un très bon point-and-clic sur PC mais un enfer à la manette. On se demande si la référence aux commandes souris toujours présente dans la description des commandes à la manette n’est pas volontaire. Il est dommage de perdre ainsi tous les points positifs de ce titre.
Ambiance sonore : 11/20 – Crowns and Pawns: Kingdom of deceit peut devenir très rapidement agaçant pour vos oreilles. Alors qu’il dispose d’une bande sonore plutôt neutre, les sons diffusés en boucle en feront imploser plus d’un. Même si ce choix est parfois volontaire, il n’en reste pas moins à éviter pour le bien de nos cerveaux.
Graphismes : 18/20 – Le travail graphique réalisé pour Crowns and Pawns: Kingdom of deceit est magnifique. Le choix des couleurs, le style, les angles de vue, tout est très bien pensé. Il reste cependant quelques bugs d’affichage des textes et commandes qui gâchent l’expérience visuelle réussie.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Jeu testé en version Playstation 4/5 grâce aux équipes de Headup.
