
L’année 2024 se poursuit et se ressemble. Les triples A sortent et font de l’ombre sur des titres surprenants tels que Reynatis. Et encore une fois Furyu Corporation, qui est à l’origine d’ovnis comme la saga des Calligula Effect, revient pour nous offrir un titre étonnant.
Reynatis, présenté par son Creative Producteur TAKUMI comme la traduction de l’ascension du roi, paraissait assez prometteur. Mais l’idée centrale de « Suppression et libération » n’a-t-elle pas été un peu trop prise au premier degré ?
Une dream team qui annonce la couleur
Comme indiqué juste avant, Reynatis est un jeu qui combine le mouvement et la réflexion. Ce premier action-RPG de TAKUMI s’appuie sur deux ténors du domaine des jeux vidéo. Kazushige Nojima scénariste de Final Fantasy VII, VIII, X et des premier Kingdom Hearts. Et Yoko Shimomura qui a travaillé sur les musiques des sagas Kingdom Hearts et Xenoblade.

Cela ne vous fait-il pas rêver ? Pour les musiques oui, et on adore. Pour les scénarios, attention, nous avons ici un spécialiste du héros torturé, au charisme ambigu, qui va sauver l’avenir du monde sans le dominer. Bien entendu, il existe toujours des groupes d’amis et d’adversaires qui sont l’incarnation de facettes de notre société. Facettes annexes abordées de manières bien plus intéressantes.

Reynatis suit exactement la même logique. Deux protagonistes que tout semble opposer. Et des évènements qui vont les amener à remettre en question leur position face au monde et ses secrets.
Reynatis, une nouvelle génération à disséquer ?
L’action-RPG Reynatis propose donc d’incarner alternativement la jeune femme stricte, Sari Nishijima ou Marin Kirizumi, le rebelle de dix-neuf ans qui semble découvrir qu’il a perdu la mémoire.

Deux antagonistes qui représentent deux fabuleux clichés et aux destins à priori opposés.
Sari, la membre de la M.E.A. qui est avant tout hautaine et antipathique. Mais surtout un personnage qui vit au sein d’une organisation militaire qui traque les êtres qui sont des dangers pour les humains « normaux ».

Marin, le garçon de la légende. Un magicien solitaire et indépendant. Un être qui ne connait pas le passé de son père, son propre passé et ce que lui réservent ses pouvoirs. Le corbeau noir et rouge qui est l’annonciateur du réveil prochain d’une magie supérieure. Et un magicien libre qui ne se range pas auprès des membres de la Guild dirigée par des magiciens ayant hérité de leur pouvoir supérieurs.

Deux héros disposant de pouvoir magiques et d’une place opposée dans la société. Mais qui finiront par s’unir au sein d’un troisième groupe, les Owl. Les hiboux devenant la véritable opposition aux corbeaux, qu’ils soient noirs de la Guild ou blancs de la M.E.A.

Et ces deux héros qui semblaient annoncer des fins alternatives restent finalement dans un schéma classique car c’est bien Marin Kirizumi, le brouillard de mer, qui reste le seul et véritable héro de l’aventure.

De la variété à laquelle nous sommes habitués
Les autres protagonistes sont tout autant téléphonés. Et nous donne surtout l’impression de voir un clone de la saga Harry Potter.

Chaque adversaire est issu d’une famille disposant d’un pouvoir pur héréditaire, les « Legacy » est une représentation d’un combat à mener par un des six protagonistes principaux du jeu. Un élément classique et appréciable si on découvre le style.

Les boss et gardiens d’Another, le monde des magiciens, en charge de protéger les vents du changement et des portes qui s’ouvriront sur l’avenir sont tout aussi restrictifs et d’un niveau de difficulté élevé en comparaison avec vos adversaires classiques.

D’ailleurs, pour ces derniers, vous aurez toujours durant l’exploration de sa forêt une indication concernant les personnages à utiliser pour un affrontement facilité.

Les membres de la M.E.A. sont tout aussi intéressants que les membres des familles de magiciens « Legacy » car les deux groupes « opposés » disposent des mêmes dérives liées au pouvoir et la domination des gens. Une analyse de l’esprit humain quel que soit le monde ou l’époque. Des sujets « vivants » qui pourraient déclencher une bonne réflexion. Si le jeu n’expédiait pas l’histoire de chacun sans approfondissement.

Quoi de plus frustrant que de découvrir l’histoire bâclée de Moa et de Nika ? Deux personnages qui apportent un peu de vie dans la solitude de Marin et dont on découvre des histoires très plates au fil de l’eau.
Car dans Reynatis, le plus frustrant n’est pas la partie action mais bien la face RPG qui est au service d’une histoire trop peu développée. Marin s’est noyé dans la Mare Deus et c’est bien dommage.
Les combats basés sur un équilibre entre attaque et esquive, une stratégie payante ?
Les titres de Furyu Corporation et de NIS sont toujours un plaisir à découvrir et explorer. Ils disposent d’un équilibre surprenant entre mécanique et histoire. Dans Reynatis, l’accent a été mis sur la présentation d’un nouveau style dans le combat dynamique au tour par tour. Ainsi, il n’y a plus de véritable jauge ATB obligeant le joueur à subir l’attaque de son adversaire. Mais il existe toujours une jauge de pouvoir qui évoluera en fonction de vos attaques et de vos esquives.

Comme à l’accoutumé, vos attaques consomment votre jauge plus ou moins rapidement. Mais il ne sera pas possible de remplir votre jauge sans accepter de vous laisser attaquer en retour. Réussir une esquive parfaite ainsi qu’une absorption parfaite vous permettra de récupérer une part variable de votre jauge. Et peut-être même la remplir pour déclencher une attaque de passage en transe magique.

Reynatis est un jeu dont le système de combat pourrait être comparé à celui du judo. Vous devrez étudier et assimiler les techniques de vos adversaires. Et cela non pas pour juste els esquiver à l’instar d’un Elden Ring mais bien pour accepter de vous faire attaquer et utiliser la force de votre adversaire contre lui-même. « Suppression et libération », les maîtres mots de TAKUMI qui sont ici parfaitement appliqués.

I wanna be a street… a wizartist
Parmi les dizaines d’idées nouvelles qu’apporte le jeu Reynatis, notre préférence se tourne vers le WizArt, contraction de Wizard Art. Et comme leur nom l’indique, il s’agit de sorts et compétences magiques qui prennent la forme d’œuvres d’art. Fini les tracés alchimiques complexes, ici toute œuvre réalisée à la peinture sur toile ou en bombe peut devenir un WizArt.

Mais en dehors d’offrir une place privilégiée aux graphs et plus globalement au street art, ces œuvres sont utiles. Et il existe 54 œuvres différentes à trouver ou débloquer tout au long du jeu. Et cela pourra vous permettre d’obtenir quelques points d’expérience ou de l’argent. Mais aussi des sorts de plus en plus puissants ou de nouveaux mouvements.

La zone principale du jeu étant très limitée, les WizArt pourront réapparaître au même endroit mais avec d’autres effets ou se retrouver plusieurs fois à travers Shibuya. Ce qui est important car trouver plusieurs fois le même WizArt permet de débloquer de nouveaux paliers d’évolution.

La culture de la rue comme source d’évolution dans un Shibuya et ses limitations.
Dans Reynatis, libérez votre monde en traversant Shibuya
Les créateurs japonais adorent leurs villes et leurs quartiers emblématiques. Et par le passé, réaliser un jeu dans un quartier même limité était acceptable. Mais Reynatis propose au joueur de traverser quinze zones dans le quartier dont onze sont à peu près en extérieur ou dans le métro.

Et il vous sera demandé de réaliser plus de soixante-dix missions secondaires consistant en majorité à parcourir le quartier d’un bout à l’autre. Ce qui est un bon point pour la quantité mais qui devient rapidement redondant.

Certes, Shibuya est aussi le hub d’accès à Another et d’autres lieux. Mais se dire qu’il faut attendre les deux tiers du jeu avant de réellement exploiter les portails brumeux que l’on voit dans toutes les zones, c’est frustrant.
La musique adoucie les mœurs
Les morceaux créés spécifiquement pour Reynatis sont d’une qualité indéniable. Nous ressentons l’inspiration de grandes sagas dès les premières notes. Et encore une fois, le choix de bons morceaux mêmes limités, permet au jeu de disposer d’une mise en ambiance forte et intéressante.

De là à sauter sur la bande originale, nous vous laisserons le découvrir.
Reynatis, une libération sans compromis
L’union des légendes du RPG japonais soutenue par FURYU Corporation aura donné vie au titre singulier Reynatis. Ce jeu étant destiné à un public spécifique de fans d’action/J-RPG, il semble avoir été construit pour la Playstation 4 et les joueurs acharnés.
L’histoire est à la fois complexe et trop connue. Et peut-être que les questions sans réponses ainsi que les perches tendues à une suite dans les épisodes mensuels à venir sont les sources d’une frustration trop grande.
Le titre possède par ailleurs une mécanique de combat et d’évolution intéressante et attirante. Mais il y a toujours un petit couac qui ramène le joueur à l’équilibre. Reynatis est un jeu à explorer et, comme toute bonne réflexion philosophique, qui nécessite de se poser avant d’en comprendre tous les points positifs.
Comme le dirait TAKUMI : « Suppression et libération ».

Encore merci à Plaion France pour nous avoir permis de tester ce jeu sur PlayStation 4 et sa mise à niveau Playstation 5.
