Il y a des titres qui marquent des générations et d’autres qui auraient dû. L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur sorti en 1999 sur Playstation garde sa place des deux côtés.

L’Amerzone est une saga de jeux vidéo d’aventure développée par Benoît Sokal, auteur de bandes dessinées belge décédé en 2021. Le premier titre de la série avait rapidement gagné en popularité grâce à son atmosphère immersive et son gameplay innovant pour l’époque.
Ce bijou ressort aujourd’hui 24 avril 2025 sur les plateformes Steam, GOG, Epic Game Store, Playstation Store et Microsoft Store. Et les équipes de Microids Studio Paris tentent de redonner sa place à cette magnifique création.

L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur, une aventure comme un rêve tragique
L’intrigue de L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur se concentre sur un journaliste du Mondial Magazine qui découvre le passé d‘un explorateur, Alexandre Valembois. Ce dernier est connu pour avoir rapporté un œuf de Grand Oiseau Blanc. Ces oiseaux sont légendaires car ils passent leur vie entière en vol et naissent dans les forêt de l’Amerzone. Alors que notre journaliste se rend au phare de M. Valembois pour l’interviewer sur l’œuf immortel qu’il a rapporté il y a plus de trente ans, une mésaventure survient. L’explorateur en fin de vie nous fournit une mission et ses carnets avant de s’éteindre.

Ses carnets présentent les Grands Oiseaux Blancs mais aussi la faune et la flore qui composent l’Amerzone. Mais surtout, ceux-ci parlent du peuple habitant la forêt et du périple de l’explorateur et ses compagnons. C’est alors que la décision est prise d’utiliser la seconde version de l’Hydraflot, engin multiforme de Valembois. Ainsi débute la quête du testament de l’explorateur.

Au cours de son périple en sept chapitres, notre journaliste rencontre divers personnages qui ont chacun eu un impact ou fait partie de la première expédition. Il est intéressant de voir comment chacun a agit à l’époque et réagit trente années plus tard. Sagesse et réflexion sont au cœur de l’aventure. C’est d’ailleurs en résolvant des énigmes que l’on découvre peu à peu les secrets de l’Amerzone, des Ovo-Volahos et du rite de l’oeuf.







Des secrets qui abordent des thèmes tels que la colonisation, la préservation de la nature et des savoirs. Mais surtout la politique et la quête personnelle de vérité et de rédemption menés par Valenbois, Mackowski et même Alvarez.

Une version 2025 merveilleuse et attirante
Lors de sa sortie en 1999, L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur avait séduit son public du fait de la qualité de ses graphismes. Le soin apporté aux environnements et aux personnages était exceptionnel et immersif. Et bien que ce titre puisse aujourd’hui paraître dépassé, il garde une force d’attraction inexplicable. Ce qui semble rendre la tâche compliquée pour un remake.


Autant le dire directement, L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur remake 2025 est aussi bon que son ancêtre. La qualité graphique est au rendez-vous et n’a rien à envier aux plus gros triples A. profitant du fait d’être un jeu Point-and-clic, toute la puissance de nos plateforme est dédiée à l’obtention d’un niveau de qualité plus que bluffant. Le titre ne reste pas à l’abri de différents légers bugs et ralentissements. Mais ceux-ci sont minimes et n’apparaissent que si l’on choisit de traverser l’aventure en mode Qualité.


Le seul défaut graphique que l’on pourrait trouver est que les humains restent très caricaturaux dans leurs traits et leurs animations. En ayant choisit de garder l’apparence des modèles de l’époque, on retrouve ce coté inhumain des personnages et leur manque de variété. Mais en dehors de l’aspect graphique de ceux-ci, leur caractère est semblable en tout point. Et les gardes de Puebla et le pêcheur de resteront les humains les plus amusants du titre.

Le meilleur moyen de comprendre est de comparer les deux versions, tel que dans la vidéo suivante.
Un remake et un contenu à découvrir ou redécouvrir
En dehors de la petit claque graphique apportée par ce remake de L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur, un travail important a été réalisé sur le contenu.

Le principal s’est centré sur une accessibilité renouvelée. L’ajout d’un niveau de difficulté permettant d’accéder aux indices et éléments de gameplay tels que les indications visuelles est une porte ouverte aux curieux. Le style Point-and-clic n’est pas toujours des plus simples à aborder. Mais ici le plaisir reste entier et le plus difficile sera de s’arrêter.

D’autres éléments comme la configuration de l’Hydraflot sont amusants et rendent l’immersion plus complète.


Enfin, la refonte des énigmes et surtout l’ajout de nouvelles est très positif. Les joueurs ayant connu l’aventure d’origine découvrent ici de nouveaux éléments. Encore une fois, la difficulté et la contrainte ne sont pas de mise car il existe toujours un moyen de trouver la réponse à l’énigme.


Cela, comme la possibilité de rejouer des chapitres, permet surtout de garder un intérêt pour ce remake quel que soit notre niveau de connaissance de la saga. Ou simplement d’éviter le coup de vieux des 26 ans du titre.


26 ans plus tard, des réflexes à retrouver
S’il y a un style qui tend à disparaître aujourd’hui, c’est bien celui des point-and-clic. Maintenant plus habitués à des jeux d’action ou des Visual Novel, L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur nécessite une certaine reprise en main.

Explorer un écran à la main pour découvrir quelles sont les zones d’interaction est la base du style. Une chose qui est simple et naturelle lorsque le joueur dispose d’une souris. Beaucoup plus complexe quand il s’agit d’une manette, même équipée de deux joysticks. Pour pallier à ce souci, l’équipe de Microids Studio Paris a opté pour une aide complémentaire. Le bouton triangle de la manette DualSense permet de faire apparaître tous les éléments cliquables de la zone. Car contrairement à de nombreux titres, il faudra examiner chaque lieu ou environnement à 360 degrés. Il est alors facile de louper un indice.


Ce qui sera souvent le cas lors des examens des objets annexe. Lors de l’aventure, il sera nécessaire de trouver des objets spécifiques. Lorsque vous les observez, le jeu indique alors le nombre d’indices à trouver en observant l’objet. Mais n’indiquera pas s’il est possible qu’un autre objet soit dissimulé en son cœur. Mention spéciale pour un certain crocodile.

En dehors de ces éléments le gameplay de L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur est un plaisir. On peut choisir de foncer tête baissée vers la fin de cette aventure. Ou prendre le temps d’explorer chaque lieu pour obtenir les objets et indices qu’il contient. Ou qui sera un précieux éléments de puissance pour la zone finale (phrase étrange ou indice pour un trophée ?).


Les retours que nous pouvons faire sur le gameplay de ce nouvel opus sont les mêmes que pour son parent. L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur offre une expérience sans réelle contrainte et adaptée à un nombre important de joueurs. Une expérience de jeu à vivre et partager. Bien qu’il soit plus simple de le rêver que d’en réaliser des captures d’écran, du fait de l’absence d’un mode photo.

Une aventure à vivre et vivre pour ne pas oublier de rêver
L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur a laissé une empreinte durable dans le monde des jeux vidéo d’aventure. Son atmosphère envoûtante et son histoire mémorable retranscrivent la vision d’un créateur rêveur. Une vision parfois engagée mais surtout positive.
Le remake 2025 réalisée par Microids Studio Paris est un parfait hommage à travail intemporel et admirable. Les compléments apportés à travers les nouvelles énigmes, les détails de l’environnement et les mécaniques actualisées sont de véritables bonus. Une remise au goûts du jour d’un incontournable, comme une cerise sur un gâteau dont on aurait aimé que le créateur souffle les bougies.
La note des Dreamers : 18/20. L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur, un hommage merveilleux qui a tout notre respect.

Style de jeu : 18/20 – L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur représente un tournant dans le développement du point-and-clic. Il a poussé les créateurs de ce style à opter pour un niveau d’immersion que l’on retrouva dans de nombreux titres cultes. Cette version Remake prolonge cette volonté d’immersion et d’émerveillement. Tout en conservant l’état d’exploration et d’interrogation constant.
Histoire : 17/20 – Le remake de L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur respecte l’histoire de sa version 1999. La volonté d’offrir un rêve à partager de Benoît Sokal est parfaitement respectée. Et les messages de réflexion sur notre monde sont toujours d’actualité. Même s’il devient de plus en plus difficile de s’y accrocher.
Graphismes : 19/20 – L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur sur Playstation 5 est magnifique. Ce remake exploite parfaitement les technologies actuelles. Tout en respectant la plateforme. Les décors sont vifs et vivants. Les jeux de lumière sont magnifiques et le mode Qualité est à tomber. Ce dernier ne fera souffrir la console de Sony que lors de courts passages comme la plage et sur certains chargements.
Jouabilité : 17/20 – Comme nous pouvions nous y attendre, un point-and-clic de 1999 porté sur les supports d’aujourd’hui ne pouvait que difficilement s’en sortir. Malgré ses quelques imperfections dans l’apprentissage de jeu, L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur est un titre accessible et jouable à la manette. Il reste compliqué de perdre le réflexe de vouloir se déplacer avec les sticks mais pour le reste c’est très bien. Les options d’aide de jeu sont très bien pensées.
Ambiance sonore : 18/20 – Les musiques de la bande originale de L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur sont agréables. Bien qu’apparaissant comme inexistantes, on aime les écouter. A l’inverse, les son d’ambiance sont parfaitement adaptés et nous portent durant toute l’aventure. Nous gardons l’esprit d’aventurier explorateur jusqu’à la fin du jeu. Et nos oreilles en sont heureuses.
*Les notes des Dreamers tiennent compte à minima de la plateforme de test, de la taille de l’équipe de développement et du style de jeu.

Jeu testé dans sa version dématérialisée sur Playstation 5 fournie par Microids.
